« Bloody Tennis » : le réalisateur Nikias Chryssos en dit plus sur son film d’horreur

Selon nos confrères de Variety, l’agence de vente The Playmaker va profiter du Marché du Film de Cannes pour dévoiler les premières images de Bloody Tennis, le nouveau thriller horrifique du réalisateur allemand Nikias Chryssos, qui a été notre invité de minuit et dont nous suivons la carrière au Chaos. Le film marque les débuts en langue anglaise du cinéaste, après ses précédents longs-métrages, The Bunker et A Pure Place. La jeune actrice danoise Sandra Guldberg Kampp, connue pour son rôle dans la série Foundation, tient le rôle principal. Elle partage l’affiche avec Helena Zengel, Zlatko Burić (Pusher et Sans Filtre) incarne un entraîneur acariâtre. Elina Löwensohn, la muse de Mandico, joue la directrice de l’académie. Lucie Zhang (Les Olympiades) et Lily Taieb (The French Dispatch) figurent parmi les élèves. Vincent Romeo et Tracy Gotoas complètent ce casting éclectique. Produit par Jonas Katzenstein et Maximilian Leo pour Augenschein Filmproduktion, le film suit l’arrivée d’une jeune femme dans une académie de tennis d’élite isolée dans le sud de l’Europe. La jeune femme doit y affronter une concurrence féroce et découvrir les courants sombres et sinistres qui régissent l’établissement. Nikias Chryssos explique à Variety avoir été attiré par le tennis pour le contraste esthétique qu’il offre avec les codes habituels de l’horreur. « Il y a ces environnements magnifiques, le soleil et les vêtements blancs, qui forment un contrepoint idéal pour une histoire d’épouvante », confie-t-il. Le réalisateur souligne la dualité de ce sport, à la fois gracieux et athlétique, mais capable de devenir brutal lors de duels psychologiques. Pour construire l’ambiance de Bloody Tennis, Chryssos cite l’influence de classiques comme Suspiria et Phenomena de Dario Argento. Il s’est également inspiré de films traitant de l’excellence et de l’obsession dans le sport ou la danse, à l’instar de Black Swan de Darren Aronofsky.

L’intrigue s’enracine aussi dans l’histoire personnelle du réalisateur. Originaire de la même ville que Boris Becker, il a étudié dans la même école que la légende du tennis. Il s’est inspiré des académies d’élite réelles, comme celle de Nick Bollettieri, pour créer son microcosme étouffant. Les personnages secondaires, comme l’entraîneur joué par Zlatko Burić, rappellent les figures exubérantes qui entouraient Becker ou Steffi Graf dans les années 1980. Le film explore les thèmes de l’isolement et de la dépendance psychologique. Nikias Chryssos compare l’académie de tennis à une secte, un sujet qu’il avait déjà traité dans ses œuvres précédentes : « Dans ces écoles, l’isolement est tel que les élèves doivent tout sacrifier pour un seul objectif », explique-t-il. Le personnage d’Elina Löwensohn incarne une figure maternelle ambiguë, oscillant entre l’affection et l’administration de punitions. Le tournage s’est déroulé dans un ancien manoir des îles Canaries, doté d’une chapelle transformée en salle de classe. Ce décor ancien, avec ses murs rouges rappelant la terre battue et le sang, renforce la dimension rituelle et occulte du récit. Au-delà de l’horreur, Bloody Tennis se veut une critique acerbe de la société de performance. Le réalisateur voit dans son académie fictive une version exagérée d’un monde où la rudesse est récompensée au détriment de la compassion. Le parcours de la protagoniste promet d’illustrer cette dérive morale. Arrivée dans un environnement dont la violence est d’abord invisible, elle finit par en accepter les règles pour devenir professionnelle. Elle sacrifie progressivement ses amitiés et ses sentiments personnels sur l’autel du succès. Le film met ainsi en garde contre la manière dont la compétition extrême peut détruire les communautés au profit d’un individualisme féroce. On a hâte de voir ça.

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