[JEUDI DE L’ANGOISSE] Chants de Noël et jets de sang font plutôt bon ménage, mais doit-on s’en tenir au sempiternel père noël tueur? Pour son premier film, ce petit margoulin de Chris Peckover nous dit NON, et c’est tant mieux.
Des films comme Krampus ou Saint ont beau amuser la galerie, l’idée principale restait la même: tordre le cou au Santa Claus (ou à un dérivé). Passons à autre chose alors: les vingt premières minutes de Better Watch Out sont aussi revigorantes qu’un John Hugues des familles, parfois en un peu plus nasty (Virginia Madsen, à hurler de rire). La veille de Noël, Luke attend fébrilement sa baby-sitter Ashley, qui le garde depuis de nombreuses années. Sauf que Luke a 12 ans, que la date de baby-sitting est un peu périmée et qu’à cet âge là, on commence à avoir de nouvelles envies dans le cœur et sous la ceinture. Bien qu’adorable, Ashley regarde évidemment à peine le garçon qui a quant à lui échafaudé un plan pour la séduire. Mignon dira t-on. Sauf que soudain, une présence extérieure commence à envoyer des menaces de mort, coupe la ligne, et commence à mettre en danger la vie de ce couple improbable, bientôt rejoint par le meilleur ami déjà versé dans la weed. Bref, fermons les portes, sortons les couteaux, le home invasion a les boules et c’est cool. Et c’est tout?
En réalité, il est quasi-impossible de parler du long-métrage sans le spoiler, puisqu’un twist va changer totalement la donne à mi-parcours. L’impression tenace de dégringoler alors vers un autre film, encore plus pervers, plus violent, et d’une noirceur parfois assez radicale, laissant de côté l’apparente légèreté des premières minutes. Il y a une petite voix qui nous susurre quelque part qu’on aurait bien aimer rester dans le délire presque old-school qui ouvrait les festivités, mais il faut avouer qu’être réellement surpris par une bande horrifique en 2017 semble déjà un gage en soi. Au pays des guirlandes ensanglantées, Better Watch Out mixe généreusement le cinéma de Wes Craven, Funny Games et Home Alone (héritage d’ailleurs revendiqué dans une scène bien cruelle), annonçant le meilleur pour son jeune réalisateur. Parfois si réjouissant, qu’on plaint l’absence de sortie salles…

