Avec Zahia côté Quinzaine, il sera la caution foot de cette édition. C’est évidemment réducteur: on devrait plutôt inscrire son nom aux côtés d’Iggy Pop et d’Alain Delon, trio de salles gosses punks missionnés pour retourner le tapis rouge.
PAR GAUTIER ROOS
Onze ans après Maradona par Kusturica, la légende s’apprête à rechausser les crampons pour accompagner le documentaire d’Asif Kapadia en haut des marches. Entre les deux films, la rock-star, plus ou moins rescapée de sa santé délétère (il avait frôlé la mort en mars 2007), est loin d’avoir gagné la quiétude.
Il a d’abord pris un bouillon avec l’Argentine au mondial 2010, où Messi et ses ouailles avaient subi un 4-0 en quarts par des Allemands survitaminés. Depuis, el Pibe ne cesse de reléguer Messi au rang de petite starlette sans caractère, sûrement flippé de voir l’enfant du Barça lui ravir sa place de meilleur joueur de l’histoire.
Pas de panique pour la concurrence cher Diego: la plaquette abdominale de Cristiano et son sourire all-bright ne rivaliseront jamais avec la punk-attitude de l’enfant terrible du Napoli (1984-1991), glorieux septennat autour duquel panote ce nouveau documentaire.
Aujourd’hui manager d’un obscur club mexicain de 2e division (Dorados de Sinaloa), Diego continue d’aligner les frasques, reléguant en la matière notre Depardieu national à une ligue subalterne.
Voyez plutôt: son soutien enflammé à Nicolas Maduro (le seul à même de lutter contre les « yankees »), ou sa visite surprise à Ali Bennaceur en 2015 (l’arbitre qui n’avait pas signalé la « main de dieu » en 1986, et qui s’est vu offrir un maillot dédicacé sur lequel est écrit : « Pour Ali, mon éternel ami »). Sans parler de sa participation à un match amical organisé par Pablo Escobar en 1991…
On pourrait égrener la liste de provocations pendant des heures, tant ce proche de la Camorra – puisqu’on vous dit qu’il partage bien des choses avec Delon – a pris en grippe la bienséance tout au long de sa carrière. On devrait en voir d’autres dans ce documentaire qui puise dans un footage de 500 heures encore jamais montrées: n’oubliez pas votre maillot bleu électrique avant de boucler votre valise, chères groupies.

