[CRITIQUE] HELLBOY de Neil Marshall

[POURQUOI?] Le revoici, le revoilà avec sa sale gueule en forme de bûche et son bronzage de l’enfer. Le reboot de Hellboy accoste par chez nous en cette période fourre-tout d’avant Cannes. Précédé d’une réputation calamiteuse et souffrant de la comparaison déloyale avec ses précédentes adaptations, ce délire cucul la praline et ultra violent n’est pourtant pas la purge annoncée et possède même quelques qualités pour peu qu’on ne soit pas trop regardant sur le fond comme sur la forme.

Commençons directement par balayer toutes comparaisons avec les deux films de Guillermo Del Toro. Neil Marshall n’a ni l’ambition, ni le talent, ni l’envie de venir se frotter à plus fort que lui. Téméraire, il va prendre de revers tout ce qui faisait l’identité des précédents films. Aux monstres horriblement beaux de Del Toro, il répond à avec des horreurs absolument dégueulasses et inesthétiques. Bouillon de CGI infect, il n’a que faire de la laideur: ce qui importe à Neil par-dessus tout, c’est le spectacle. Et niveau spectacle, force est d’admettre que vous en aurez pour votre argent. Ayant visiblement appris à créer d’opulents tableaux de batailles quand il officiait sur Game of thrones, le metteur en scène nous gratifie de son savoir-faire passe partout.

Pour se démarquer des autres blockbusters, Marshall va employer la méthode qui tâche, à savoir jouer la carte du gore à outrance. Il va aussi nous broder une pseudo histoire à la mord-moi-le-nœud à base de sorcière revancharde (Milla Jovovich, of course). Un prétexte à un enchainement quasi ininterrompu de sketchs dans lesquels nous ferons la connaissance de Merlin l’enchanteur, Alice, Baba Yaga, les Ogres, les Vampires et tout le bestiaire fantastique d’ici et d’ailleurs. Sur deux heures de film, inutile de vous dire que vous allez frôler plus d’une fois l’overdose. Mais le film ne manquant ni de rythme ni de générosité dans sa connerie, le temps passe relativement rapidement. Le plus intéressant pour ceux qui s’aventureront dans ce Hellboy new gen, ce sera de regarder le réalisateur se débattre aux commandes d’une super-production à 50 millions pour faire jaillir de temps à autres des scènes d’horreurs pures, comme pour rappeler à notre bon souvenir ses précédentes réussites (The Descent). Au détour d’une scène de repas avec un monstre, un plan furtif dans une cuisine avec des restes d’enfants suspendus ou bien encore des titans qui empalent de pauvres innocents…. Inhabituelles et inconfortables, ces visions de Neil Marshall nous font regretter que Hollywood ait transmué un cinéaste prometteur pour le chaos en énième faiseur de divertissement MacDonalds.

GUILLAUME CAMMARATA

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
Date de sortie 8 mai 2019 (2h 01min) De Neil Marshall Avec David Harbour, Milla Jovovich, Ian McShane Genres Fantastique, Action Nationalité Américain[CRITIQUE] HELLBOY de Neil Marshall
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!