[CANNES 2019] «Douleur et gloire» de Pedro Almodovar?

Le Chaos enquête avant l’annonce de la sélection de Cannes 2019 et se demande si un film de Pedro a ses chances sur la Croisette.

PAR GAUTIER ROOS

Une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d’autres par le souvenir, dans la vie d’un réalisateur en souffrance. Premières amours, les suivantes, la mère, la mort, des acteurs avec qui il a travaillé, les années 60, les années 80 et le présent. L’impossibilité de séparer création et vie privée. Et le vide, l’insondable vide face à l’incapacité de continuer à tourner.

Après Todos Lo Saben en ouverture l’an dernier, photographié bien douloureusement par José Luis Alcaine, on est assez heureux d’entrevoir la possibilité d’un retour de Pedro Almodovar, le vrai cette fois-ci, sur la Croisette. Le synopsis et le teaser laissent espérer une déclinaison sentencieuse de Huit et demi, multipliant les sauts dans le temps comme les fondus enchainés, naviguant dans les synapses engrisées d’Antonio Banderas.

Vous nous trouvez sarcastiques ? On rappellera donc cette évidence : une bande-annonce mal embouchée ne laisse en rien présager d’un mauvais film, en témoigne le très réussi Julietta de 2016, qui amorçait peut-être un retour du cinéaste au sommet de sa forme, moins extravagant (mais surtout moins éreintant) qu’auparavant.

Pourquoi ça sent bon : On connait l’amitié qui unit le cinéaste à Titi Frémaux, qui en avait fait le patron du jury il y a de ça deux ans. Avec 6 films en compétition, Pedro fait partie des rares cinéastes rempilant chaque année mais jamais anoblis d’une Palme; ce qui lui entrouvre, plus qu’aux autres habitués, les portes de l’Officielle. Il serait peut-être temps d’aller chercher la Coupe cette année.

Pourquoi ça pourrait coincer : La date de sortie en Espagne est toujours figée au 22 mars, ce que ne dément pas le Allociné ibérique. Ce serait une vraie bizarrerie qu’un film d’Almo déjà prêt évite la case Cannes, mais ce n’est pas tout à fait à exclure (jurisprudence Jacques Audiard en 2018).

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