Découvert en France avec La Vague, le réalisateur allemand Dennis Gansel a compris qu’avec les succès de Twilight et Morse, les vampires étaient à la mode (*idée lumineuse*) et que lui aussi avait envie de manger une part du gâteau. Son idée : dépoussiérer un scénario de vampires rédigé il y a quinze ans, lorsqu’il n’était qu’un étudiant à la fac et visionnait des films fantastiques au ciné-club (Aux frontières de l’aube, de Kathryn Bigelow et Les prédateurs, de Tony Scott, nommément cités). Histoire de conserver un semblant d’originalité, il n’a pas changé une ligne et continue de voir en Catherine Deneuve l’incarnation idéale de la femme vampire au cinéma. Ce n’est donc pas étonnant si le résultat est démodé avant même de sortir, reposant sur une esthétique pub et clip so eighties que l’on pensait enterrée avec les frères Bodganoff.
Au départ, il y a suffisamment d’autodérision pour donner des accents parodiques. C’est amusant, cinq minutes. Involontairement ou non, Nous sommes la nuit représente ce que l’on n’a plus trop envie de voir dans un film de vampires, à commencer par une méprise : les héroïnes ressemblent moins à des vampires sexy qu’aux copines de Sex and the City. Les fans de Madonna goûteront peut-être aux joies de cette longue teuf berlinoise décadente, gonflée de house des années 90 (on se croirait dans le clip Meet her at the Love Parade de Da Hool). Mais ceux qui espéraient un point de vue nouveau sur le vampirisme peuvent oublier : c’est à-peu-près du même niveau consternant que Lesbian Vampire Killers, même si lorsque Gansel demande aux actrices de se lâcher in the heat of the night, elles le font. Une histoire d’amour traitée avec une absence d’érotisme rédhibitoire semble être le seul moyen pour relancer la dramaturgie et creuser une veine sentimentale au romantisme suranné. On préfèrera retenir une scène exorbitante où, dans un jet privé, les reines de la nuit mettent la misère à tous les passagers sagement assis. Pas de doute, les connasses sont fantastiques.

