Midnight On Rainbow Road arrive en 2015 sur Musik for Autobahns 2 (Ambient Race Car Music), compilation dirigée par Gerd Janson pour Rush Hour autour d’une idée simple : faire de la musique pour la route, mais loin des réflexes du morceau dance traditionnel. Vynehall y signe l’un des titres les plus singuliers du disque, un morceau de plus de six minutes qui abandonne presque entièrement la batterie au profit d’un mouvement continu, fait de nappes, de piano, de guitare et de sons qui semblent filer à travers une vitre nocturne. Le titre n’est d’ailleurs pas seulement une fantaisie automobile : Rainbow Road renvoie explicitement au circuit de Mario Kart, tandis que le titre de travail était BAB 5, l’autoroute allemande empruntée régulièrement par Janson.
Ainsi, tout glisse comme sur une autoroute déserte en pleine nuit façon début du Lost Highway de David Lynch. Les éléments arrivent avec une douceur presque matérielle, la batterie est remplacée par la simple suggestion d’un rythme, tandis que les sons donnent l’impression de lumières qui défilent derrière un pare-brise mouillé. Midnight On Rainbow Road tranche ainsi avec la production house alors associée à Vynehall, en privilégiant une approche ambient presque entièrement dépourvue de batterie. Après environ la moitié du morceau, la percussion finit par apparaître, mais sans transformer Midnight On Rainbow Road en track de club classique. Une version intitulée Beat Edit, publiée sur un 12 pouces Rush Hour en 2016, ajoute justement un hi-hat et une pulsation plus nette afin de rendre le morceau plus adapté au DJ set, sans bouleverser sa structure. L’original reste pourtant la pièce la plus intéressante : il montre un producteur de house capable de faire tenir six minutes autour d’une simple sensation universelle, la simple et délicieuse et délicate et invisible évasion…


