Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993 autour de Margaret Fiedler, ancienne membre de Moonshake, et de Guy Fixsen, producteur et ingénieur du son. Avec John Frenett, Lou Ciccotelli et Louise Elliott, ils bricolent une musique où programmation et instruments acoustiques avancent ensemble : samples, guitare, basse, percussions, flûte, saxophone. Silver Apples of the Moon, leur premier album, sort en 1994 sur Too Pure. Trois ans plus tard, Sounds of the Satellites pousse encore plus loin ce mélange. Le somnambulique Almost Sleeping en est l’un des morceaux les plus étirés : 6 minutes 54 sur l’album, où la voix de Fiedler flotte au-dessus de rythmes souples et de textures électroniques. Fiedler et Fixsen signent le morceau et jouent tous les deux de la guitare, de la basse, des claviers et des percussions ; Fiedler chante, tandis que Louise Elliott intervient à la flûte. La musique peut évoquer le trip-hop qui domine alors une partie de la scène britannique, mais Laika fonctionne autrement : les programmations ne sont pas séparées des instruments, elles en font partie.

En septembre 1997, Almost Sleeping devient le deuxième extrait de Sounds of the Satellites. Pour le single, le morceau est ramené à 3 minutes 49. Et Laika ouvre alors ses pistes à d’autres producteurs : Maxwell House remixe Prairie Dog, Cabbageboy reprend Shut Off/Curl Up et Luke Vibert s’attaque à Breather. Une autre édition ajoute le remix de Almost Sleeping par Grantby. Les différentes versions sortent chez Too Pure le 15 septembre 1997. C’est là que les choses se compliquent. Laika était déjà réticent à l’idée de laisser ses morceaux entre les mains d’autres producteurs. L’expérience ne les convainc pas suffisamment pour recommencer : à partir du troisième album, le groupe refuse que des producteurs extérieurs remanient ses titres. Les remixes de 1997 restent donc une parenthèse dans leur discographie. Et la version originale demeure la plus intéressante. La séduction vient du fait que Almost Sleeping reste surtout fidèle à la formule de Laika : cette manière de faire tenir ensemble musique électronique et jeu de groupe. Après Sounds of the Satellites, Laika publiera encore Good Looking Blues en 2000 puis Wherever I Am I Am What Is Missing en 2003, avant de disparaître des bacs des albums.

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