Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques guitares et cette voix nasillarde qui semble arriver d’un vieux haut-parleur. Word Up! est d’abord une affaire de son. En 1986, Larry Blackmon et Tomi Jenkins écrivent le morceau, que Blackmon produit ensuite en studio. L’expression qui lui donne son titre vient, selon Blackmon, des soirées new-yorkaises : « word up », une façon de dire qu’on écoute, qu’on est là. Il en fait le point de départ d’un morceau qui sera largement construit en studio. Les machines prennent rapidement leur place. Sammy Merendino programme les batteries, Peter Scherer travaille sur le Synclavier et les synthétiseurs, tandis que les crédits de l’album attribuent notamment à Blackmon la guitare, la basse, les percussions et la batterie, ainsi que les arrangements vocaux et de cuivres.
Le morceau avance par couches, avec une rythmique sèche qui laisse beaucoup d’espace à la voix. Blackmon chante à travers le haut-parleur d’une radio transistor, utilisé pour filtrer les aigus et obtenir ce timbre comprimé, immédiatement identifiable. Un détail de studio devenu signature. Autour de lui, les ingénieurs Larry Alexander, Michael Sauvage, Jerry Soloman, Matthew Kasha, Eric Calvi, Dave Ogrin et Alan Meyerson participent aux prises et au mixage. La fabrication de Word Up! est donc aussi celle d’un son : batterie programmée, machines, instruments funk et voix passée par la radio. À sa sortie, le morceau fait basculer Cameo dans une autre catégorie. Word Up! reste trois semaines numéro un du classement R&B américain et atteint la sixième place du Billboard Hot 100. Le groupe, qui avait déjà connu le succès avec Shake Your Pants et She’s Strange, tient son plus gros tube.



