Culte des années 90 : La Yellow 357 – « Quelle sensation bizarre »

Quelle Sensation Bizarre est l’un de ces petits objets qui résument à sa façon la manière dont la French Touch pouvait transformer de vieilles références en matière à danser. Derrière La Yellow 357 se cachent Bob Sinclar et Dimitri From Paris, réunis en 1996 sur ce titre sorti chez Yellow Productions, le label fondé quelques années plus tôt par Sinclar et DJ Yellow. Le morceau repose notamment sur un sample de Psyché Rock, composé par Pierre Henry et Michel Colombier pour Messe pour le temps présent de Maurice Béjart en 1967. Sinclar en récupère le motif, ses sonorités électroniques et surtout cette pulsation hypnotique pour les faire basculer dans un groove house beaucoup plus dansant.

@chaosreignfr La Yellow 357 – "Quelle sensation bizarre" (1995) Plus d'infos sur ce titre : https://www.chaosreign.fr/culte-des-annees-90-la-yellow-357-quelle-sensation-bizarre/ #Layellow357 #quellesensationbizarre #bobsinclar ♬ son original – CHAOS

S’ajoute à cela une filiation avec le film Barbarella particulièrement intéressante. The Black Queen’s Beads, composé par Bob Crewe et Charles Fox et interprété par The Bob Crewe Generation, figure sur la bande originale du film de Roger Vadim et reprend lui-même des éléments de l’esthétique de Psyché Rock. On retrouve donc une sorte de filiation en cascade, de Pierre Henry et Michel Colombier à Barbarella, puis à cette house française de 1996. Autrement, les voix que l’on entend viennent de la version française du Alice au pays des merveilles de Disney, et le fameux Quelle sensation bizarre ! renvoie directement à la scène où Alice boit la potion qui la fait rapetisser. Le titre porte ainsi particulièrement bien son nom, puisque le morceau semble lui-même fonctionner comme une petite hallucination sonore, entre perception altérée, cartoon et psychédélisme. Tout fonctionne alors comme un collage : une basse ronde et groovy renvoyant au Groove is in the heart de Dee Lite, le motif de Pierre Henry et Michel Colombier, les cloches et effets électroniques, les voix d’Alice et cette étrange couleur rétro-futuriste héritée en partie de Barbarella. Le résultat est ludique, légèrement absurde et surtout terriblement efficace.

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