Avec son titre idiot, son groove enfumé et ses volutes de sitar, Trigger Hippie semble avoir été conçu pour accompagner une soirée passée à regarder le plafond en attendant que le temps veuille bien redémarrer. Morcheeba n’a pourtant pas besoin de toute la mythologie autour de la fumette pour provoquer cet état de torpeur : quelques secondes suffisent pour comprendre que le morceau fonctionne très bien sans aucun artifice. Issu de Who Can You Trust?, premier album du trio paru en 1996, Trigger Hippie condense déjà tout ce qui faisait le charme du groupe : un trip-hop alangui, des basses profondes, des guitares psychédéliques, quelques bidouillages électroniques et, surtout, la voix de Skye Edwards, immédiatement reconnaissable.
@chaosreignfr Morcheeba – "Trigger Hippie" (1996) Plus d'infos sur ce titre : https://www.chaosreign.fr/culte-des-annees-90-morcheeba-trigger-hippie/ #morcheeba #triggerhippie ♬ son original – CHAOS
Le morceau s’ouvre sur une sonorité de sitar qui semble surgir de nulle part, comme un signal venu d’un autre monde, avant que le beat ne s’installe tranquillement. Paul Godfrey construit le morceau comme un DJ qui aurait décidé de ne surtout pas brusquer son auditeur : chaque élément arrive à son rythme, la basse maintient le morceau dans une sorte de pesanteur, les scratches en soulignent discrètement le relief, la guitare vient brouiller les contours et cette voix qui semble toujours sur le point de s’évanouir. À l’époque où le trip-hop britannique cultivait volontiers les atmosphères sombres et les voix tourmentées, Morcheeba choisit une autre voie. Là où Portishead pouvait transformer le malaise en drame, le trio préfère l’adoucir, le rendre sensuel, presque confortable.


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