Culte des années 80 : Pet Shop Boys – « Left to my own devices »

Left to My Own Devices figure sur Introspective, troisième album du duo formé par Neil Tennant et Chris Lowe, sorti en octobre 1988, puis paraît en single le 14 novembre. Tennant et Lowe écrivent le morceau aux studios Sarm West avec l’idée précise de le confier au producteur Trevor Horn. Ils lui présentent d’abord une démo instrumentale, qui l’intéresse immédiatement. Le producteur apporte alors au titre une dimension orchestrale spectaculaire, en faisant notamment intervenir un orchestre arrangé par Richard Niles. Horn souhaite initialement enregistrer l’ensemble en direct, avec orchestre, voix et synthétiseurs réunis, mais la production prend finalement près de six mois.

@chaosreignfr Pet Shop Boys – "Left To My Own Devices" (1988) Plus d'infos sur ce titre sur le site : https://www.chaosreign.fr/culte-des-annees-80-pet-shop-boys-left-to-my-own-devices/ #musique #story #PetShopBoys #LeftToMyOwnDevices ♬ son original – CHAOS

Cette démesure sonore contraste avec le caractère très personnel du texte. Tennant décrit Left to My Own Devices comme une « autobiographie exagérée ». Plusieurs souvenirs de son enfance nourrissent les paroles, notamment celui de son jardin, où il aimait s’isoler pendant des heures avec ses petits soldats. Sa mère craignait alors qu’il n’ait pas d’amis parce qu’il semblait vivre dans son propre monde. Tennant précise pourtant qu’il n’était absolument pas un enfant solitaire. Le morceau joue ainsi constamment sur l’écart entre l’intime et l’emphase. Le narrateur se présente comme quelqu’un qui aime être laissé à lui-même, tout en transformant cette solitude en véritable geste pop. Ainsi, les synthétiseurs, la rythmique et surtout l’orchestre donnent progressivement au morceau une ampleur presque symphonique. Cette rencontre entre musique savante et culture dance est résumée par la célèbre formule « Che Guevara and Debussy to a disco beat » née d’une conversation entre Neil Tennant et Trevor Horn pendant l’enregistrement de Left to My Own Devices. Tennant explique qu’il voulait que le passage ait une couleur évoquant Debussy. Horn lui répond qu’il avait justement toujours eu envie de faire « Debussy to a disco beat ». Tennant reprend alors cette idée et lui ajoute Che Guevara, qu’il voulait associer à Debussy pour juxtaposer la révolution et la beauté.

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