« The End of Tom Six » : le réalisateur de « Human Centipede » face à la maladie et à la censure, le film temporairement disponible sur YouTube

Le réalisateur néerlandais Tom Six se livre sans détour dans The End of Tom Six, documentaire confessionnel consacré à sa maladie et à sa carrière. Connu pour sa trilogie Human Centipede, lancée en 2009, le cinéaste reste connu pour ses films d’horreur particulièrement trash et dans ce nouveau film, Tom Six raconte une autre forme d’horreur : celle de la sclérose en plaques, diagnostiquée chez lui il y a 14 ans. Depuis six ans, le réalisateur vit reclus à Amsterdam et se déplace difficilement, ses symptômes ayant progressivement limité son quotidien. Tourné en noir et blanc, le documentaire mêle cette confession autobiographique. Allongé sur un ancien lit d’opium, vêtu d’un peignoir de soie et fumant le cigare, Tom Six transforme son propre domicile en décor de cinéma. Autour de lui gravitent une galerie de personnages burlesques, qui veulent contribuer à maintenir à distance tout risque d’apitoiement. Comme on peut le voir sur le film, temporairement disponible sur YouTube, le réalisateur évoque ses douleurs chroniques et les traitements qu’il prend pour les supporter. Mais au-delà de la maladie, le film revient sur la carrière d’un cinéaste qui a toujours revendiqué la provocation. Son auteur s’interroge notamment sur la place laissée aujourd’hui aux œuvres capables de franchir les limites. Il revient ainsi sur The Onania Club, tourné en 2019 avec notamment Chloë Sevigny, mais toujours inédit, qui raconte l’histoire de femmes fascinées par la souffrance des autres et explore la disparition de l’empathie. Après Human Centipede, Six pensait pouvoir trouver facilement un distributeur pour ce projet plus sérieux. Il s’est pourtant heurté au refus des distributeurs, qui lui auraient notamment opposé un marché devenu plus sensible à la controverse. Le cinéaste estime que le stress provoqué par cette situation a contribué à aggraver son état de santé. The End of Tom Six apparaît ainsi comme un autoportrait aussi provocateur que vulnérable, entre humour macabre et confession intime.

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