Twin Cheeks (1994) se présente comme un hommage queer et expérimental à la série Twin Peaks de David Lynch et Mark Frost. Réalisé par Kelly Hughes sous le pseudonyme d’Osker Wild, ce film indépendant revisite l’univers mystérieux de la série en le transposant dans une petite ville universitaire américaine où règnent secrets, sexualité et corruption. Sorti en 1994 au Festival du film gay et lesbien de Berlin, le film est longtemps resté difficile à trouver avant d’être redécouvert et restauré en VHS. Loin d’être une simple parodie de Twin Peaks, il propose une réinterprétation libre qui mélange horreur queer, mélodrame, humour absurde et cinéma expérimental. L’histoire suit l’enquête autour de la mort du roi du bal de promo, retrouvé assassiné dans les bois. Son frère tente de découvrir la vérité tandis qu’il plonge dans un monde rempli de personnages étranges, de manipulations sexuelles et de dangers cachés. Le film reprend les thèmes de la série originale : la façade parfaite de l’Amérique provinciale, derrière laquelle se cachent violence, désirs refoulés et secrets inavouables. Kelly Hughes utilise des techniques visuelles originales : narration fragmentée, textes apparaissant à l’écran, montage onirique et images inspirées du style de David Lynch. Avec un petit budget et des moyens amateurs, le réalisateur crée pourtant une atmosphère étrange et fascinante. Tourné dans des parcs, des universités et une petite ville forestière de l’État de Washington, le film exploite fortement ses décors naturels pour créer une ambiance mystérieuse proche de celle de Twin Peaks. Plusieurs acteurs interprètent différents rôles en jouant avec les genres et le travestissement. Aujourd’hui, le film apparaît comme une œuvre rare du cinéma queer indépendant des années 1990. À la fois étrange, dérangeant et passionné, il témoigne de l’influence de Twin Peaks sur les artistes LGBTQ+ et mérite d’être redécouvert comme une curiosité unique de la culture underground.
« Twin Cheeks: Who Killed the Homecoming King? » (Kelly Hughes, 1994)
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