[CRITIQUE] TWO GATES OF SLEEP de Alistair Banks Griffin

Deux frères endeuillés s’enfoncent dans un abîme duquel on est à peu près sûr qu’ils ne reviendront jamais. Sous l’influence de cinéastes radicaux (Carlos Reygadas, Terrence Malick, Bruno Dumont, Apichatpong Weerasethakul, Gus Van Sant), Alistar Banks Griffin signe une œuvre de cultiste rapidement écrasée par ses influences, sa solennité et sa religiosité. Il y a incontestablement un talent derrière la caméra, bien éduqué et érudit, révélant une attention extrême pour les errances mentales et les dérèglements du corps des personnages. D’autant que c’est réjouissant de retrouver le très doué Brady Corbet (Mysterious Skin, de Gregg Araki et le remake US du Funny Games, de Michael Haneke) dans une production farouchement indépendante. Mais la tendance à l’esthétisation peut passer pour une tentative de masquer le manque de substance. Le résultat ressemble un peu au marché Saint-Pierre du fétichisme avec suffisamment de tentations panthéistes, de fulgurances visuelles (merci au chef-opérateur Jody Lee Lipes) et de références Bibliques pour espérer tenir en haleine le spectateur le plus indulgent. Les moins pourront aussi trouver poseuse cette errance hypnotique et initiatique dans une nature primitive, voire d’un ennui abyssal. Toutefois, il faut saluer le courage de Damned distribution qui ose sortir un objet aussi zinzin en salles.

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
Deux frères endeuillés s'enfoncent dans un abîme duquel on est à peu près sûr qu'ils ne reviendront jamais. Sous l'influence de cinéastes radicaux (Carlos Reygadas, Terrence Malick, Bruno Dumont, Apichatpong Weerasethakul, Gus Van Sant), Alistar Banks Griffin signe une œuvre de cultiste rapidement écrasée...[CRITIQUE] TWO GATES OF SLEEP de Alistair Banks Griffin
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!