[CRITIQUE] CAFE DE FLORE de Jean-Marc Vallée

L’intrigue de Café de Flore s’étale entre le Paris des années 60 (la partie avec Vanessa Paradis) et le Montréal d’aujourd’hui (celle avec Kevin Parent), avec d’un côté la mère d’un enfant trisomique et de l’autre un DJ, le cœur partagé entre deux femmes. Pendant longtemps, on cherche un lien entre les deux histoires en imaginant pour passer le temps un vrai scénario de science-fiction (et si le Dj d’aujourd’hui était en fait l’enfant mongolien des années 60?). L’hypothèse est amusante mais, en dépit d’effets de montage outrés et de décrochages vers le fantastique, Jean-Marc Vallée demeure plus prosaïque, racontant des histoires d’amour qui n’arrivent pas à se faire et/ou à se défaire. Le sujet est universel, quelques idées sont excitantes (l’importance de la musique dans une vie, comment elle guide le regard et le cœur) et Vallée essaye de faire passer une poignante nostalgie de l’amour, en flirtant avec l’onirisme. Le problème, c’est que l’on se croirait chez Lelouch et Jaco Van Dormael dans leurs pires moments. Vallée aimerait ressembler à Julio Medem, le réalisateur des Amants du cercle polaire, en déclinant toute la gamme du contorsionniste (flash-backs, sauts temporels et spatiaux, fuites en avant maniéristes). Mais l’esthétique publicitaire, les personnages téléguidés et le bon goût agressif font lorgner Café de Flore du côté du Huitième Jour et de Mister Nobody, mâtiné d’aphorismes édifiants piqués au T’aime, de Patrick Sébastien. De quoi avoir (souvent) peur.

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

« Crystal Lake » : la franchise horrifique « Vendredi 13 » déclinée en série

Les studios A24 et la plateforme Peacock ont dévoilé...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
L'intrigue de Café de Flore s'étale entre le Paris des années 60 (la partie avec Vanessa Paradis) et le Montréal d'aujourd'hui (celle avec Kevin Parent), avec d'un côté la mère d'un enfant trisomique et de l'autre un DJ, le cœur partagé entre deux femmes....[CRITIQUE] CAFE DE FLORE de Jean-Marc Vallée
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!