« PonyGirls666 » de Enguerrand Jouvin, série-monstre diffusée sur Chaos : c’est si bon que ça doit être mauvais pour la santé

Des têtes d’Adult Swim (Eric André, Casper Kelly, Tim & Eric…) en passant par Nathan Fielder, Ari Aster, Barry Doupé ou même YouTube (LasagnaCat, Alantutorial…), la tendance niche au cringe absurde, et son goût du point de non-retour, semblait être une spécificité typiquement américaine. C’est ce qu’on pouvait se dire jusqu’à découvrir le travail d’Enguerrand Jouvin, qui pourrait en être l’excroissance française et camp. Pony Girls, projet monstre tourné sans le sou, nous dévoile en exclusivitay un bout de membrane avec un sixième volet gratiné/cramé intitulé PonyGirls666. On ose à peine imaginer le reste…

Instinctivement, le rendu DV nous fait voyager jusqu’au début des années 2000, comme si on était tombé sur un programme Canal+ à une heure trop tardive (ou entre deux épisodes de Groland, qui sait), avec le même humour border et le sentiment de liberté freestyle. Première scène : trois comédiens s’ébattent devant la caméra, avec un découpage au hachoir qui nous fait bien comprendre que probablement personne n’a tourné cette séquence au même moment. Chacun est dans son film (un père excédé tendance Francis Huster en montée d’hystérie, une maman lascive sortie d’un mauvais X, une fifille BCBG se croyant au théâtre de boulevard) et la fascination est totale.

Isabelle, la bourgeoise désargentée, veut présenter l’homme de sa vie à ses parents excédés. On découvrira l’instant d’après que l’objet du désir, son patron, n’est même pas au courant. Entre deux extases et une poignée de lettres interminables, Isabelle se triture les méninges pour conquérir ce cœur défendu, demande conseil à ses amis (la bonne copine avec toujours un mec sous la main, le pote pd cocaïné, l’avocat louche en peluche).

Oui, on nage dans du AB Productions gangrené par du Lars Von Trier : PonyGirls666 ne se veut pas au bord de la catastrophe, il veut la provoquer, l’incarner. Chaque séquence est étirée jusqu’à l’épuisement, le rire et la gêne en communion. Des échappées bizarroïdes, dont une scène de gifle lynchienne en diable, viennent parasiter le feuilleton zinzin jusqu’au point d’orgue : une rencontre mi-angélique, mi-satanique sur le dancefloor, qui donne l’impression de sombrer dans la démence. Vous n’avez jamais vu ça. Et ce n’est, répétons-le, qu’un seul épisode de cette saga zinzin…

PonyGirls666 est diffusée à partir du 26 juin, directement sur le site

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

« Crystal Lake » : la franchise horrifique « Vendredi 13 » déclinée en série

Les studios A24 et la plateforme Peacock ont dévoilé...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!