Jim, icône sexy de la scène gay parisienne, voit sa vie basculer lorsqu’il contracte l’Hétérose, un étrange virus qui transforme les hommes gays… en hétérosexuels ! Il voit alors tout le monde lui tourner le dos à l’exception de son dernier follower (et premier admirateur), Lucien, un jeune homme qui peine à s’assumer. Ensemble, ils partiront en quête d’un mystérieux remède capable de guérir Jim et d’empêcher l’extinction de l’homosexualité…
Présenté hier en séance de minuit au Festival de Cannes, Jim Queen s’est imposé comme l’une des projections les plus chaleureusement accueillies de cette première semaine, porté par une ambiance de salle particulièrement électrique. Un de ces films qui semblent pensés pour la communion collective, entre éclats de rire récurrents et une succession d’idées absurdes suffisamment bien trouvées pour emporter l’adhésion, d’autant plus en salle. Le film démarre sur des thématiques relativement larges, notamment autour des injonctions aux diktats masculins, avant de bifurquer vers quelque chose de bien plus ludique et décomplexé, notamment autour du côté power-up du coming-out façon DBZ. Très vite, Jim Queen assume son goût du pastiche et du jeu avec les clichés, sans jamais tomber dans la simple accumulation de vannes. Il y a derrière l’ensemble une vraie écriture, un sens du détail, de la référence et du détournement qui rendent le tout étonnamment cohérent malgré son apparente anarchie.
Le long-métrage fonctionne ensuite, une fois ses personnages installés, comme un véritable jeu de pistes traversant différents kinks, multipliant les trouvailles de mise en scène et les idées de scénario parfois totalement saugrenues mais souvent très efficaces. Parmi les meilleurs moments, difficile de ne pas retenir la séquence à l’hôpital autour des symptômes de « l’Hétérose », irrésistible dans sa manière de pousser le concept jusqu’à l’absurde. Même constat pour certains noms de personnages ou encore pour des références particulièrement bien senties, allant de Mad Max: Fury Road lors de la scène finale à cette improbable « Licorne de Troie », symbole parfait de l’humour du film : complètement déjanté en apparence, mais assez inspiré pour faire mouche. Les moments musicaux participent également largement à cette dynamique, apportant au récit une énergie constante et une vraie dimension « good vibes » qui empêche le film de s’essouffler. Jim Queen ne cherche jamais réellement à provoquer frontalement ; il préfère contourner, détourner et jouer avec les codes dans une ambiance volontairement légère et euphorique.
Ainsi, entre une prostate dotée de la voix du légendaire Philippe Katerine ou encore une scène post-générique envoyant un taquet particulièrement drôle à la « peine » de Nicolas Sarkozy, ce Jim Queen apparaît finalement comme un film réjouissant, dont les imperfections sont compensées par une énergie communicative et suffisamment de bonnes idées pour transformer cette séance de minuit en un vrai bon moment de festival.
17 juin 2026 en salle | 1h 20min | Animation, ComédieDe Marco Nguyen, Nicolas Athane | Par Simon Balteaux, Brice Chevillard Avec Alex Ramires, Jérémy Gillet, Shirley Souagnon |
17 juin 2026 en salle | 1h 20min | Animation, Comédie


