Nicolas Landais, co-fondateur du festival On vous ment !, dont la 11ᵉ édition a lieu en ce moment même à Lyon et Villeurbanne, donne 5 faux documentaires à (re)découvrir.

Isaiah’s Phone de Frédéric Da (2025)
« C’est l’un des longs métrages en compétition cette année à On Vous Ment ! On suit un adolescent un peu weirdo qui reçoit son premier téléphone et commence à tout filmer. Isaiah est un personnage extrêmement attachant, très bien interprété par Isaiah Brody. C’est un personnage riche et ambigu, qui prend parfois de très mauvaises décisions. Quoi qu’il en soit, le film est ultra-réaliste et assez éprouvant émotionnellement. »

Forgotten Silver de Costa Botes et Peter Jackson (1995)
« Mon documenteur doudou. C’est sûrement l’un des faux documentaires à l’origine de mon envie de créer un festival consacré au documenteur. La fascination de voir Peter Jackson crapahuter dans la jungle à la recherche de décors de cinéma perdus résume parfaitement l’une des grandes forces du faux documentaire. J’ai demandé à Costa Botes, le co-réalisateur, l’autorisation d’appeler notre grand prix le « Prix Colin McKenzie », en hommage à Forgotten Silver. »

C.S.A.: The Confederate States of America de Kevin Willmott (2004)
« Deuxième long métrage de Kevin Willmott, tourné de manière indépendante. Passionné d’histoire, il a choisi de réaliser une uchronie, dans laquelle les Confédérés ont gagné la guerre de Sécession et l’esclavage n’a jamais été aboli, sous la forme d’une fausse émission documentaire entrecoupée de coupures publicitaires. C’est un film extrêmement fun, politique et généreux. Par la suite, Kevin Willmott a collaboré avec Spike Lee, notamment comme co-scénariste sur BlacKkKlansman. »

Jaganrei (邪願霊) de Teruyoshi Ishii (1988)
« Dès 1988, Telly, alias Teruyoshi Ishii, a marqué à la fois le documenteur et la J-horror au Japon. Jaganrei est un film de V-cinéma destiné au marché VHS, précurseur de films comme Noroi: The Curse de Koji Shiraishi ou Muzan-E. J’adore Jaganrei et c’est un film que nous devons diffuser en 2027. En tout cas, c’est un film que j’espère aider à réhabiliter dans l’histoire du cinéma documenteur. On y suit le tournage d’un documentaire sur une idole perturbée par un fantôme. »

The Black Door de Kit Wong (2001)
« C’est ultra dur de n’en choisir que cinq. J’avais pensé à Die Delegation, car je l’aime beaucoup et que les films de Rainer Erler sont trop méconnus. Mais je vais finalement privilégier The Black Door (2001) de Kit Wong. C’est l’unique long-métrage de cette cinéaste hongkongaise, tourné au Canada et coécrit avec son compagnon français Laurent Courtiaud. La projection du film sera la première en France depuis sa sortie, il y a 25 ans. C’est un film un peu maudit, enterré par ses producteurs hongkongais qui n’avaient pas compris sa dimension de documenteur. Heureusement, le festival de Sitges l’a projeté à l’époque et, grâce à cette copie, un DVD a pu être édité en Espagne. Jaume Balagueró l’avait vu à l’époque et adoré. Preuve qu’il ne l’a jamais oublié : il l’a choisi pour sa carte blanche au festival. J’en suis très heureux, car c’est un film qui reste une vraie rareté, y compris dans le cinéma bis. »



![[LETTERS FROM A DEAD MAN] Konstantin Lopouchanski, 1986](https://www.chaosreign.fr/wp-content/uploads/2026/05/letters-1068x596.jpg)