Des nouvelles de Harmony Korine

Trente ans après Gummo, Harmony Korine n’a rien perdu de son goût pour la provocation. À l’occasion de sa première grande rétrospective muséale américaine, intitulée « Perfect Nonsense » et présentée à l’Institute of Contemporary Arts de Miami, l’artiste multidisciplinaire s’est confié dans une interview sur son parcours erratique et ses ambitions futures. Le cinéaste, dont l’imagerie, du garçon-lapin de Gummo aux bikinis fluorescents de Spring Breakers, hante les archives numériques de Tumblr à Instagram, semble pourtant se désintéresser totalement de son passé. « Je ne regarde presque jamais en arrière », confie-t-il dans ledit entretien. il faut dire que ses dernières expérimentations, comme le radical AGGRO DR1FT (filmé entièrement à la caméra infrarouge avec notamment la star Travis Scott) avaient pourtant semblé marquer une rupture définitive avec le cinéma conventionnel. Korine s’amuse d’ailleurs de l’accueil polaire réservé à ce projet, avouant avoir poussé le volume sonore lors des projections à Venise jusqu’au seuil de la douleur physique pour forcer les spectateurs à sortir de la salle. Après une décennie passée à Miami, vivant dans un état de « coup de soleil permanent » alimenté au Mountain Dew et aux cigares, Korine ressent à nouveau l’appel de la narration classique !

Bien qu’il explore actuellement les moteurs de jeu vidéo et l’animation, il a officiellement annoncé son intention de réaliser un nouveau film traditionnel : « J’ai envie de refaire un film. Cela fait presque dix ans que je n’ai pas fait quelque chose de scripté. Il y a parfois des images qu’on ne peut pas exprimer autrement. » Interrogé sur l’évolution d’Hollywood, le réalisateur souligne la fin de la domination des grands studios. Selon lui, le pouvoir est désormais « décentralisé » : les créateurs de contenu en streaming possèdent aujourd’hui plus d’influence que les patrons de studios, dit-il. Fidèle à son esprit frondeur, il encourage les artistes à délaisser New York et Los Angeles, qu’il ne considère pas comme la « vraie Amérique », pour créer ailleurs. Entre une admiration déconcertante pour le phénomène Skibidi Toilet (Scatman au wawa) et le projet d’un film dirigé par Michael Bay qu’il juge être un « mariage parfait », Harmony Korine prouve qu’à 53 ans, il reste la boussole la plus imprévisible de la contre-culture américaine. Qui l’aime le suive.

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!