Cannes 2026 : qu’est-ce qu’on mange au Certain Regard cette année ?

Des nouveaux visages, des confirmations et des personnes dont on est sans grande nouvelle cinématographique depuis 10 ans au moins : voilà pour le copieux menu 2026 en salle Debussy…

On commence par l’un des films les plus attendus de l’année, que certains n’hésitaient pas à envoyer en Compétition officielle : Jane Schoenbrun, celle qui a vu la TV Glow en 2024, ouvrira donc les hostilités avec un nouveau long au titre parfumé et mandiquien en diable (Teenage Sex and Death at Camp Miasma). Un film d’horreur dont le pitch a tout pour faire saliver votre aimable rédac’ – la réalisatrice du remake d’un film d’horreur devient obsédé par l’actrice mystérieuse qui incarnait la « final girl » dans le film original – et dont un certain Brad Pitt fait partie des nombreux producteurs (fera-t-il le déplacement ?)…

Deux autres gros poissons sont particulièrement attendus par votre rédaction. D’abord, le retour de Valentina Maurel (dont les courts sont passés par la Semaine et dont le J’ai des rêves électriques avait raflé 632 prix à Locarno 2022) avec Siempre soy tu animal materno (Ton animal maternel), nouvelle auscultation douce-amère d’une cellule familiale éparpillée façon puzzle. El Deshielo de Manuela Martelli, dit Le Dégel, se passe lui dans une évanescente station de ski en 1992 (très Stephen King dans l’esprit) et a été pensé comme une suite à ce premier long qui avait réjoui la Quinzaine 2022 : Chili 1976.

Rudi Rosenberg est de retour avec un familial Hafsia-Herzi movie qui fait envie (Le Nouveau faisait partie des très bonnes comédies populaires de 2015). Laïla Marrakchi (Marock, Rock the Casbah) revient au cinéma après un long détour télévisuel avec un nouveau film autour de quatre femmes confrontées à la maltraitance et au harcèlement, quelque part entre le Maroc et l’Espagne. Louis Clichy, un prodige de l’animation ayant bossé avec Pixar et co-signé les Astérix d’Alexandre Astier, viendra présenter Le Corset : Christophe, un garçon de ferme de 11 ans négligé par son père, s’ennuie tellement qu’il se met à pencher la tête, au point de tomber…

Sensation de Rotting in the Sun et star d’Instagram depuis ses prestations pendant le Covid, Jordan Firstman viendra présenter Club Kid, son premier long, dont il tient également le premier rôle : ce sera l’occasion de prendre de la kéta en soirée avec Cara Delevingne (qui pique une tête dedans) et de découvrir un pitch qui semble avoir tout pompé au new-yorkais Big Daddy de Dennis Dugan avec Adam Sandler : « un organisateur de soirées underground est contraint de s’occuper d’un fils dont il ignorait totalement l’existence ».

L’attraction japonaise de cette édition s’appelle De toutes les nuits les amants de Yukiko Sode – aka le plus beau titre de cette sélection selon Thierry Frémaux – dont on sait encore peu de choses à l’exception de ce pitch : « Fuyuko, correctrice indépendante solitaire rencontre Mitsutsuka, un discret professeur de physique au lycée ».

On n’oublie pas Les Éléphants dans la brume d’Abinash Bikram Shah, nouvelle livraison des Valseurs après un cru cannois 2025 remarqué (Ciudad sin sueño à la Semaine et Le Mystérieux regard du flamant rose à UCR) : nous irons cette fois dans un petit village népalais où une matriarche badass règne en maître sur une petite communauté de Kinnars, l’équivalent des Hijras en Inde (voir la page Troisième sexe sur Wikipédia pour de plus amples informations). Nous voyagerons également en Centrafrique – où le Congo Boy aspirant-rappeur de Rafiki Fariala a fui pendant l’enfance – et au Rwanda dans un premier long revenant sur les tribunaux populaires 20 ans après le génocide : Benimana de Marie Clémentine Dusabejambo.

Sandra Wollner (The Trouble with being born) est de retour avec Everytime : « Un an après la mort de Jessie, sa mère et sa petite sœur accueillent chez elles son ex-petit ami — le garçon que tout le monde accuse en secret de sa mort ». Enfin, Uļa de Viesturs Kairiss raconte par le menu la vie de la joueuse de basket-ball soviétique puis lettonne Uļjana Semjonova, qui mesurait 2,13 m et chaussait du 58 (disparue en ce début 2026). Puisse votre estomac garder un peu de place avec les annonces des sélections parallèles la semaine prochaine !

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