[CRITIQUE] JUSQU’À CE QUE LA FIN DU MONDE NOUS SÉPARE de Lorene Scafaria

La fin du monde est définitivement devenu le grand sujet de cinéma à la mode, la plupart du temps développé comme une métaphore (« Bug », de William Friedkin ; « Take Shelter », de Jeff Nichols ; « Melancholia », de Lars Von Trier) ou, de manière plus superficielle, comme un film-catastrophe aux allures de jeu-vidéo (« 2012 », de Roland Emmerich). Surtout, il se révèle extrêmement stimulant pour les scénaristes, obligeant leurs personnages à brûler les étapes et à mesurer le temps qu’il leur reste à vivre. La plupart du temps, ils regardent en arrière en faisant le bilan de leur vie et tentent de rectifier une erreur de parcours : retrouver une ancienne petite amie ou se réconcilier avec leurs parents. Lorene Scafaria apporte un point de vue féminin à un genre usuellement réservé aux hommes et aux super-héros. Sa comédie romantique au départ alourdie par un schéma éculé (ils sont différents, ils se rencontrent, ils s’aiment) devient de plus en plus tragique, presque noire, au fil du récit et permet à deux acteurs de se mettre mutuellement en valeur dans un rare exemple de collaboration : Steve Carrell jamais aussi bon que dans ce registre en demi-teinte et Keira Knightley, capable du pire (« A Dangerous Method ») comme du meilleur (« Never Let Me Go »), qui sait rendre extrêmement touchant un personnage de trentenaire adulescente dépressive. La seule limite de « Jusqu’à ce que la fin nous sépare », c’est de rester un film de scénariste, un peu faible en termes d’illustration. Mais l’avantage de cet inconvénient, c’est que le scénario est supérieurement écrit et que, comme l’annonce le titre, la fin justifie les moyens.

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Date de reprise 21 décembre 2012 (1h 40min) De Lorene Scafaria / Avec Steve Carell, Keira Knightley, Melanie Lynskey / Genres Comédie, Drame, Romance Nationalité Américain[CRITIQUE] JUSQU’À CE QUE LA FIN DU MONDE NOUS SÉPARE de Lorene Scafaria
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