Cette cinquième position s’explique surtout par affinité. Le premier épisode sur console portable de la série n’a aucun trait “révolutionnaire” ou “matriciel” des jeux qu’il côtoie tout en haut de ce classement, mais a pour lui de proposer, à un numéro un prêt, la meilleure ambiance de tout The Legend of Zelda. On ne peut non plus nier que Link’s Awakening est le jeu qui a le plus bénéficié du passage du temps, ayant eu le droit à deux refontes graphiques : en couleur en 1998 puis en 3D sur Switch en 2019. Un ravalement de façade qui s’accompagne d’un très bon donjon bonus, basé sur la couleur.
Imaginé au départ comme un portage Gameboy de A Link To The Past (encore lui), le jeu dévie finalement de sa trajectoire pour se dérouler sur l’île imaginaire de Cocolint, sorte de miniaturisation onirique d’Hyrule. Car oui, tout ce jeu prend la forme d’un songe, et cela se ressent dans les différents PNJ que Link croise au cours de son aventure : Pépé le Ramollo qui communique par le moyen d’un téléphone portable avec le héros, Mme Miaou-Miaou et son chien agressif (qui est en fait un Chomp, issu de l’univers de Super Mario Bros), le Hibou sage qui suit Link pendant son périple (et qui puise son inspiration de la série Twin Peaks) ou encore l’énigmatique Poisson-Rêve, qui semble être l’instigateur de cette rêverie. Aussi beau qu’étrange, empreint d’une douce mélancolie, Link’s Awakening est le Zelda 2D parfait avec quelques-uns des meilleurs donjons de la série, tels que la Tour de l’Aigle ou le Roc de la Tortue, la première quête d’échange de l’histoire de la sag ou encore la première occurrence des instruments de musique.



