Evillica, vidéaste reine du creepycore

Tiens, pourquoi j’entends un crissement dans la pièce d’à-côté alors que je suis seul chez moi ? Tiens, où est passée mamie sur le fauteuil, qui était en train de regarder la télévision ? Mais… Mais qui m’observe en secret ? Qui est planqué dans un coin de mon appart ? Où qu’elle est passée mamie ? Et qui me veut du maaaal ? Autant de questions qui parcourent les vidéos drôlement angoissantes d’Evillica, une vidéaste à suivre sur les réseaux sociaux. Son univers est précis, personnel, déterminé et… ses peurs contagieuses.

Cinéphile, elle est volontiers influencée par la précision de Kubrick et l’onirisme anxieux de Lynch, l’étrangeté vivante de la marionnette, ainsi que par les visions organiques de Giger et Beksiński, explique-t-elle en interview. Son univers minimaliste s’inscrit dans l’esthétique « creepycore » et l’horreur analogique. Avec ses créatures scary (et les peurs qu’elles provoquent et qu’il faut apprendre à apprivoiser), ses voix venues d’ailleurs et ses interfaces d’ordinateur tombées en obsolescence depuis la nuit des temps, elle file les jetons avec trois fois rien, avec juste son imagination débordante et sa capacité à jouer sur le hors-champ, sur les silences ou à l’inverse sur des effets sonores… Et dans l’espace exigu d’un appartement, on se raccroche à ses regards inquiets, témoins captifs, comme elle, d’une situation a priori normale qui ne le devient plus du tout. Evillica qui se met en scène, Evillica qui roule des yeux, Evillica qui parcourt une pièce qu’elle connaît pourtant mais sans savoir s’il faut vraiment y aller, Evillica qui cherche des indices à cliquer comme dans une réalité augmentée et comme autant de passages secrets dans un monde virtuel, puis qui se cache, comme une enfant, parce que la frousse est trop grande.

Sur quoi va déboucher chaque vidéo ? Un bluff ou un effroi ? Un éclat de rire ou une sueur froide ? Un mystère ou une vérité ? C’est tout l’art d’Evillica que de nous retenir et de capter toute notre attention, et d’émerger avec un univers si impactant qu’il ne semble pas envisageable de scroller lorsqu’une de ses vidéos surgit. La certitude que l’on trouvera chez elle quelque chose que l’on ne verra pas ailleurs…

 

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