« Avatar : de feu et de cendres » de James Cameron : l’épisode le plus faible de la trilogie Avatar

Dernière grosse cartouche hollywoodienne de l’année 2025, Avatar : de feu et de cendres (pour ne pas dire Avatar 3) est attendu avec espoir, autant par le public en mal de grand spectacle de qualité, que par toute une industrie cinématographique de plus en plus mise en danger (dernièrement un rachat de Warner Bros Pictures par… Netflix). C’est aussi l’occasion pour James Cameron de conclure une trilogie qui aura révolutionné le cinéma numérique et le modèle du blockbuster (rarement voir jamais égalé en 15 ans en matière d’effets spéciaux, de fluidité et de succès), avant deux épisodes à l’horizon 2030 dont on ne sait encore s’il mettra en scène la famille Sully dans son intégralité.

Ce troisième épisode reprend directement après les évènements du précédent. On retrouve une famille Sully en proie au deuil suite à la mort de l’aîné. Dès le départ, il est très clair que le film, dans sa thématique principale, sera l’antithèse de La Voie de l’eau : soit la reconstruction du modèle familial mis à mal et morcelé dans le deuxième épisode. James Cameron ne s’est pas subitement métamorphosé en cinéaste réactionnaire. Non, la famille glorifiée dans Avatar 3 est une famille élargie. Le film se recentre autour des deux enfants adoptés : Kiri, fruit d’une immaculée conception, et Spider, le fils de l’antagoniste de la saga, le colonel Quaritch (si si, l’infâme rasta blanc, qui devient malgré lui le noeud émotionnel du film).

Plus largement, la reconstruction familiale va de pair avec la métaphore écologique que chérit Cameron. Car Jake Sully, accompagné de sa compagne Neytiri, va devenir le ciment d’une union des peuples autochtones de Pandora (créatures y compris) pour faire front contre la menace coloniale et capitaliste des terriens. Comme attendu, le film clôt sans heurt (ni réelle surprise) la thèse entamée en 2009 dans le premier épisode.

Tout roule ? Pas vraiment, car en dépit de la cohérence du projet, dont la lourde tâche de « clôturer » une histoire, le de feu et de cendres sacrifie la principale qualité de cette saga de SF : sa puissance d’émerveillement. Beaucoup ont reproché (à raison ?) la trop grande ressemblance des deux premiers films dans leurs enjeux, mais c’est surtout qu’ils reposaient sur le même principe scénaristique : la découverte de nouveaux mondes et de nouvelles cultures à renfort d’une sidération technique totale (culminant avec les scènes aquatiques inégalées de La Voie de l’eau). Les messages d’ouverture et de tolérance d’Avatar se retrouvaient intégrés dans la structure même des films et dans l’expérience spectatorielle. Dans ce troisième épisode, la promesse représentée par ce « peuple de cendres » n’est qu’à demi remplie.

La rencontre avec ce peuple paria et sauvage se fait dans une tension et une urgence loin du pacifisme du « peuple de l’eau ». Chacune des scènes où ils brillent est fascinante, notamment grâce au personnage de Varang (Oona Chaplin), leur terrifiante leader, qui vole la vedette à tout le reste du casting, entre érotisme et violence. Hélas, ils sont vite instrumentalisés par le récit, certes plus riches en sous-intrigues et rebondissements, pour être mis au second plan. Passé sa première moitié (sur 3h20 tout de même), Avatar 3 s’éparpille dans ses différentes intrigues (classiques, autour de schémas shakespeariens et mythologiques attendus) pour arriver à une conclusion en grand pompe, une bataille épique entre humains et « pandoriens », malheureusement molle et un poil redondante par rapport aux scènes de guerre des films précédents.

Pour toutes ces raisons, Avatar : de feu et de cendres est donc l’épisode le plus faible de la trilogie. Une petite déception qui entache légèrement cette superbe saga de science-fiction contemporaine, bien que la promesse foraine soit au rendez-vous. On espère que les quelques paresses constatées dans ce troisième film ne sont pas les signes avant-coureurs d’un court-circuitage d’une formule jusqu’ici exemplaire. Verdict avec les épisodes 4 et 5 prévus pour 2029 et 2031.

17 décembre 2025 en salle | 3h 17min | Action, Aventure, Fantastique, Science Fiction
De James Cameron | Par James Cameron, Rick Jaffa
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver
Titre original Avatar: Fire and Ash

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