Mort de Quincy Jones: « The Greatest Night in Pop », un documentaire à (re)voir sur Netflix

Dans son documentaire disponible sur Netflix intitulé The Greatest Night in Pop, le réalisateur Bao Nguyen revient sur les coulisses de l’enregistrement, en 1985, du single caritatif We are the world qui a réuni Quincy Jones, mais aussi Michael Jackson, Stevie Wonder, Lionel Richie, Bruce Springsteen ou encore Bob Dylan. À l’approche du quarantième anniversaire de ce morceau qui devait s’écouler à plus de 20 millions d’exemplaires après sa sortie, le 7 mars 1985, ce documentaire sur sa genèse et son enregistrement tombe à pic. Et bonne nouvelle, c’est loin d’être un outil promo brosse-à-reluire où chacun s’autocongratule. C’est juste le récit de ce qu’il s’est réellement passé.

Ainsi, ce que l’on ne sait pas forcément, c’est que We are the world a été créé à l’initiative de l’activiste Harry Belafonte, cherchant à monter l’équivalent du Band Aid britannique aux États-Unis pour sauver l’Afrique. Et il a été enregistré le temps d’une nuit (entière) le 28 janvier 1985 jusqu’à l’aube, sans répétition, avec des ajustements de dernière minute et avec des stars claquées, obligées d’aligner leurs plannings sur cette soirée (la cérémonie des American Music Awards à Los Angeles ayant servi de prétexte pour réunir tout le monde après dans le plus grand secret aux studios A & M) et contraintes de mettre leur ego dans la poche. On voit ainsi le producteur Quincy Jones à l’œuvre, dirigeant un chœur et quelques solistes, dont le noyau dur est constitué par les gloires de la Motown (Michael Jackson, Lionel Richie, Stevie Wonder, Diana Ross, Smokey Robinson). S’y greffent des stars de la musique soul (Ray Charles, Tina Turner, Dionne Warwick), des figures du folk (Bob Dylan, Paul Simon) et de la country (Willie Nelson, Kenny Rogers), des chanteuses pop (Cyndi Lauper, préférée à Madonna) et des monstres rock’n’roll (Bruce Springsteen, Billy Joel).

Ce qui en ressort, c’est qu’on gère ces immenses stars comme on gère n’importe quelle équipe (faut improviser le moins possible, imposer une seule et même direction…) et, en cela, on n’a jamais vu des stars de la chanson aussi simples et humaines: un Stevie Wonder déconneur, un Lionel Richie super énergique, une Cyndi Lauper intimidée… C’est plus qu’un simple making of dévoilant les coulisses d’une nuit sous ultra tension, c’est un retour sur une chanson ultra-célèbre, composée et enregistrée dans des conditions si improbables que, sans la volonté de tous les artistes présents, elle aurait pu donner l’exact inverse, soit le souvenir d’un immense fiasco ayant mobilisé pour rien des stars en surchauffe. Preuve que personne n’est à l’abri de la réussite éclatante comme du naufrage le plus total.

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