Le documentaire sur la tauromachie du réalisateur catalan Albert Serra a remporté, le 28 septembre dernier, la Coquille d’or, récompense suprême du festival international de cinéma de San Sebastian. Une récompense dans un climat d’hostilité vis-à-vis du film. Le cinéaste a d’ailleurs remercié le festival pour avoir sélectionné le film, menacé d’exclusion en raison des protestations d’organisations de défense des animaux. Le parti espagnol Pacma qui lutte pour les droits des animaux avait en effet demandé son retrait de la compétition, estimant qu’il offrait une vision romantique d’une tradition impliquant la violence contre les animaux.
Tardes de soledad suit le toréro péruvien Andrés Roca Rey pendant plusieurs jours de fête, depuis le moment où il enfile son habit de lumière jusqu’à la fin de la corrida, sans éluder la question de la mort des taureaux, largement filmée. Le film a d’ailleurs relancé le débat autour de la tauromachie. Le réalisateur catalan a de son côté affirmé que son film « prenait position » dans la mesure où il montre « une certaine fascination pour le sujet » de la tauromachie, mais qu’il « ne renonce pas à être un film d’art (…) qui n’est pas au service d’une cause ou quoi que ce soit », mais « au service du cinéma ».



