Il se cache dans les détails. Nous sommes à Bogotá, en 1996. Une rumeur circule: pendant une éclipse lunaire qui aura lieu dans quelques jours, le diable arrivera. La population est effrayée. Mila, 13 ans, est troublée par cette prophétie. Le monde autour, lui semble plus étrange, et Mila sent qu’elle-même se transforme. Ne serait-elle pas l’être maudit tant annoncé?
Soleil noir, messe noire. Malgré le titre, ce premier long métrage de la Colombienne Camila Beltrán n’est pas un remake du dernier Bertrand Bonello, mais plutôt une relecture du récit de filles disparues dans de mystérieuses conditions façon Pique-nique à Hanging Rock. C’est à bien des égards un film bizarroïde, accroché à une base auteuro-réaliste et dont le fantastique se déploie – c’est souvent le cas pendant l’adolescence – par petites touches: une comptine enfantine à la Argento retentissant dans une scène de voiture avec un insistant beau-père, un soap sur-éclairé sur la télévision du salon, la présence alentour de chiens prêts à rugir une fois la laisse tombée…
Il y a bien quelque chose de vampirique dans cette initiation au monde (pas toujours jojo) des adultes, jusque dans la dimension pétrifiante du sexe, toujours convoqué sous forme de traumas ou observé ici avec une certaine distance. Quand il n’est pas synonyme de pertes abondantes… Les fans de folk horror seront sans doute séduits par l’aspect kermesse du dernier segment, mais nous, on en demande un chouia plus pour avoir la rétine émoussée. Pour le dire simplement, on aurait aimé que sur la fin, ce soient les chevaux – plutôt que les canins! – qui soient pleinement lâchés…
2.0 out of 5.0 stars4 septembre 2024 en salle | 1h 16min | Thriller De Camila Beltrán | Par Camila Beltrán, Silvina Schnicer Avec Stella Martinez, Mallerly Murillo, Héctor Sánchez |



