Voilà un film engoncé entre les deux monuments de Yves Boisset que furent R.A.S. (1973) et Dupont Lajoie (1975). Folle à tuer suit Julie Ballanger (Marlène Jobert), une jeune femme tout juste sortie d’une clinique psychiatrique après cinq années d’internement. Elle est engagée comme gouvernante pour s’occuper du neveu d’un riche industriel (le souverain Michael Lonsdale, dans un rôle de crapule aristocratique à mettre au sommet de sa filmo pourtant à rallonge). La femme et l’enfant sont kidnappés par un tueur à gages lors d’une promenade, une machination finement élaborée par Tomás Milián (oui oui) qui vise à faire passer Julie comme l’organisatrice de cette séquestration, et à demander rançon en son nom…
Le film raconte, comme Canicule, une cavale à travers un monde hostile, où la sous-estimée Marlène Jobert se lie peu à peu d’affection avec ce gamin pourtant odieux, campé par un dénommé Thomas Waintrop (est-il de la même famille que notre ancien délégué général de la Quinzaine des Réalisateurs? Nous n’en savons rien). Un gamin au visage poupon admirablement dirigé, dont devraient s’inspirer moult cinéastes d’aujourd’hui incapables de glisser des mots justes dans la bouche des marmots. Le film arpente un monde extérieur plus détraqué encore qu’un asile de fous.
Outre son passeport (une co-production franco-italienne) et la présence de Tomás Milián, le film lorgne clairement du côté du poliziottesco, avec un montage qui préfère nettement la berzingue à la cohérence, et ce final un peu rapidement expédié qui livre clefs en main le dénouement de l’intrigue. Ces quelques réserves exposées, Folle à tuer reste un immanquable dans la filmo de notre cher cinéaste, élégamment restauré, pour peu que vous soyez habitué(e) à cette post-synchro un peu trop nettoyée (il nous a fallu cinq à sept minutes d’acclimatation sonore).
Durée: 1h37Éditeur: Studiocanal Distributeur:ESCD |
Durée: 1h37


