[CRITIQUE] LOVE HUNTERS de Ben Young

Cruel summer. Australie, été 1987. Un soir, alors que la jeune Vicki Maloney se rend à une soirée, elle est abordée dans la rue par Evelyn et John White, deux trentenaires qui l’invitent chez eux. Sur place, elle comprend qu’elle est tombée dans un piège. Séquestrée, sa seule chance de survie sera d’exploiter les failles du couple…

La dernière maison sur la droite. Un bel été australien. Il fait chaud, on dégouline. Le temps se suspend et la caméra frôle les jupettes d’une équipe de sportives. Un peu plus loin, quatre yeux dans une voiture observent le spectacle. Adolescente un peu secouée par le divorce de ses parents, Vicky tape sa crise contre Maman et fait le mur: mauvaise idée, mauvais moment. Un couple gentil comme tout, Evelyn et John, lui promet un petit joint. Quelques minutes plus tard, la gamine finit bâillonnée dans une chambre d’enfants, promise aux pires horreurs. Là comme ça, le dérapage torture-porn/achtung achtung donne pas méga méga envie. Qui a encore envie de voir une ado violée et mutilée pendant 1h40? Même au chaos, on dit stop. Mais voilà: à l’image de sa scène d’intro, Hounds of Love est un film à la fois étouffant et flottant, dont l’esthétique craspec au cordeau invite à une transe caniculaire et pop, un peu comme son cousin The Loved Ones. Finalement, peu de scènes violentes, beaucoup de hors-champs: l’horreur n’est pas réellement ce qui a motivé son réalisateur Ben Young, et c’est sans doute tant mieux.
Ce qui carbure là, c’est le rythme, la tension. Du genre à vous écorcher vif. Il y a aussi ce flou, plutôt judicieux, autour du couple de tortionnaires, des losers pathétiques qui ont trouvé dans la violence un moyen d’échapper à leur soucis et de renverser la vapeur dans leur vie minable. Seulement, on ne sait pas jusqu’où ils sont capables d’aller… ou de s’arrêter. On est donc pris à la gorge, en bonne victime volontaire, durant ce calvaire en terre surburbs. Bras droit d’un diable pathétique, Emma Booth ne s’est pas donnée le rôle le plus facile, déglamourisée au point d’évoquer la fragilité un peu weirdo d’une Sandy Dennis. Et puis impossible de passer à côté de la b.o, qui réussit par exemple à redonner tout le potentiel vertigineux et ambigu de Night in White Satin ou se sert d’un morceau mythique de Joy Division dans une scène finale qui donne envie de se casser les cordes vocales et de manger son fauteuil. Par contre, pas de Kate Bush à l’horizon, sorry (le titre original c’est Hounds of Love, comme la chanson de la belle). Bon allez, on pardonne, parce que c’est quand même vraiment bien.

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
Date de sortie 12 juillet 2017 (1h 48min) / De Ben Young / Avec Ashleigh Cummings, Emma Booth, Stephen Curry / Genre Thriller / Nationalité australien /[CRITIQUE] LOVE HUNTERS de Ben Young
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!