Une bande de joyeux drilles se fait piéger sur une île grecque par un mastar doté d’un appétit féroce. Le réjouissant programme de Antropophagus, l’un des meilleurs films de l’insaisissable Joe d’Amato.
On n’apprendra pas aux lecteurs de ce site que, dans la seconde moitié du siècle dernier, l’Italie était le premier pays producteur de films de genre en Europe: westerns, comédies, polars, guerre, érotisme, science-fiction, épouvante, on en passe. Et les cinéastes transalpins de s’emparer des genres pour en livrer leur propre vision tout en innovant. Dans ce sillage, la terrible vague cannibale a marqué les esprits grâce essentiellement à deux films: Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato et ce Antropophagus de Joe D’Amato, tous deux sortis en 1980. On y voit des touristes qui arrivent sur une petite île grecque, qu’ils trouvent complètement abandonnée. En explorant les lieux, ils découvrent une chambre secrète, sont par la suite poursuivis par un psychopathe cannibale bien décidé à les tuer un par un et évidemment font tous les mauvais choix inhérents aux codes du genre. Ce serait d’une monotonie absolue si le film n’était pas aussi gore, sale, impoli et si on y voyait des choses ahurissantes comme ce cannibale bouffeur de fœtus qui, le ventre ouvert d’un coup de pioche, finit par se dévorer lui-même!
Cette poésie dégueu, elle est redevable à Joe d’Amato, cet artisan de l’extrême qui n’a peur de rien, ayant œuvré dans le gore et le porno, tout comme dans le cinéma érotique soft avec la série des Black Emanuelle, interprétée par l’actrice Laura Gemser – citons La Possédée du vice (1976), Les Dépravés (1977), Viol sous les tropiques (1977) ou encore Emanuelle et les filles de Madame Claude (1978). Un « Roger Corman transalpin » aux quelque 200 films ayant débuté très jeune dans le cinéma en exerçant les métiers d’électricien, d’assistant photographe, de monteur et d’opérateur avant de signer la photographie de nombreux films de genre dans les années 70. Son charme? Ses identités morcelées: l’Américain Arizona Massachuset, le Russe Alexandre Borsky, le Chinois Chang Lee Sun et l’Américaine Sarah Asproon sont en réalité une seule et même personne: Joe d’Amato, alias Aristide Massaccessi. Ce Antropophagus reste l’un de ses meilleurs films, à ranger entre Emanuelle et les Derniers Cannibales (1977) parcouru par la sublime musique de Nico Fidenco et Blue Holocaust (1979) suivant les activités d’un jeune homme qui assassine et embaume minutieusement ses victimes.
Contient :le Blu-ray du film le livret Cinéma Bis Per Sempre par David Didelot (20 pages) Bonus vidéo: Entretien autour du film (40’) |
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