«Le cinéma est mort! RIP le cinéma! (smiley triste)». C’est du moins les réactions qu’on a pu lire sur internet lors de l’annonce le 15 février dernier du lancement de SORA, la nouvelle intelligence artificielle créée par OpenAI, l’un des leaders du marché (ChatGPT, c’est eux). Pourquoi des réactions aussi extrêmes? SORA est capable de transformer un texte en une vidéo ultra-réaliste, découpée et montée. L’annonce a été accompagnée de vidéos de chats, d’astronautes ou de villes japonaises enneigées, toutes générées par l’outil, et qui ont été partagées et visionnées de millions de fois sur les réseaux sociaux. De quoi enterrer prochainement Dall-E 3, le précédent générateur d’images d’OpenAI, qui parait, un an à peine après sa création, provenir d’un autre temps. Néanmoins, l’outil est pour le moment réservé uniquement à une élite, afin de limiter les risques de voir se multiplier des deep fake sacrément réalistes et de semer un peu plus la zizanie.
Voir cette publication sur Instagram
Qu’en est-il des conséquences pour le cinéma? Concrètement, dans l’immédiat, cela semble flou, vu la nature des «plans» fournis par SORA, plus proches du Vlog YouTube ou du Reel Insta que d’un long-métrage écrit, tourné, joué et monté par des cerveaux humains. Alors oui, c’est bluffant, mais il est difficile d’entrevoir pour le moment un public pour ce genre de contenu, que ce soit sur plateforme ou en salle. Toutefois, on peut aisément considérer que SORA sera un outil d’appui pour la création de films d’animation, de reconstitutions historiques pour des documentaires ou des reportages, ou encore pour le développement de jeux vidéo. Plutôt que l’art, ce sont surtout les techniciens qui seront les premiers à subir l’avènement de l’IA. Mais qui sait, peut-être que dans 50 ans, on se bousculera pour voir l’Oscar du meilleur film réalisé par Skynet, ou la Palme d’or du grand cinéaste Hal-9000?



