[CRITIQUE] VERS LA LUMIÈRE de Naomi Kawase

On préfère l’obscurité. Misako passe son temps à décrire les objets, les sentiments et le monde qui l’entoure. Son métier d’audiodescripteur de films, c’est toute sa vie. Lors d’une projection, elle rencontre Masaya, un photographe au caractère affirmé dont la vue se détériore irrémédiablement. Naissent alors des sentiments forts entre un homme qui perd la lumière et une femme qui la poursuit.

Ne passons jamais à côté des choses compliquées. Le premier problème du nouveau long métrage de Naomi Kawase, cinéaste très appréciée sur la Croisette, quand même en grosse panne d’inspiration depuis deux-trois films, c’est son titre. Un titre qui nous explique la direction prise par le film, qui fait immédiatement sens et qui traduit le programme très convenu de cette rencontre entre une jeune femme dont le métier est de décrire des images de films pour des spectateurs aveugles et un photographe qui perd peu à peu la vue. On va vers la lumière qu’on vous assène. Deux trois belles idées donneraient presque envie d’y croire, à l’image de cette envie de mettre en forme la beauté du regard et plus généralement la beauté de ce que l’on voit pour la dernière fois. Mais par quelle malchance cette poésie ne marche pas du tout? Non pas que nous soyons en mauvaise compagnie: l’héroïne Ayame Misaki, 28 ans, a un charme fou et le photographe qui perd la vue est interprété avec grand tact par le grand Masatoshi Nagase (déjà dans Les Délices de Tokyo). Bien lunés, on est même heureux de constater que Naomi a, elle aussi, parfois mauvais goût (la BO signée par Ibrahim Maalouf). Mais, en se voulant rendre son cinéma plus accessible, Naomi tombe dans tous les pièges redoutées: ceux que l’on connaissait d’elle (une inclinaison à la théorie désincarnée) et ceux que l’on ne soupçonnait pas (une tendance au gnangnan et à la guimauve). On sort de la salle pris de la tête par toutes ces leçons de vie, par tous ces symboles, par toute cette mièvrerie en conserve, convaincu que non, définitivement, le charme au cinéma ne se manufacture pas et, par-dessus tout, ne se décrète pas.

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!