[LE RAYON BLEU (BLUE SUNSHINE)] Jeff Lieberman, 1977

S’ils ne se sont pas imposés avec le temps comme des classiques incunables, les séries b de Jeff Lieberman font toujours un bien fou, ne serait-ce que par leur goût pour une horreur grinçante. La nuit des vers géants (en fait pas géants du tout) réussissait par exemple là où son pitch avait tout du z misérable, et Survivance mariait tranquillement slasher et survival dans un long cauchemar pédestre.

Blue Sunshine, peut-être le moins connu des trois, part encore dans une autre direction: celle du thriller parano, qui s’encanaille d’un délire façon The Crazies de George A. Romero, où un mal libère soudainement les pulsions meurtrières de quidam tout à fait raisonnables. Une folie qui trouverait son origine dans le boom d’une certaine drogue, du temps où les jeunes américains fêtaient leur révolte dans quelques paradis artificiels. Si Lieberman se montre plus sage que le Shivers de David Cronenberg, hormis deux séquences d’attaques fort malaisantes – dont une, incluant l’utilisation sauvage d’une cheminée -, il n’hésite pas à aborder son sujet sous un angle ouvertement politique, avec un héros instable parachuté dans une campagne évoquant déjà Dead Zone. Une certaine vision des années 70 du cauchemar américain et de la méfiance envers les élites rachetant parfois une seconde partie qui ne va pas toujours au bout de ses promesses horrifiques.

Du même réalisateur, on vous conseille aussi Meurtres en VHS, autre petite friandise signée Lieberman datant cette fois de 1988. Nettement plus tourné vers la comédie, ce Remote Control évoque un autre phénomène de masse qui tourne bien mal : l’intrusion d’une vhs mortelle qui rend fou tous ceux qui la regardent ! Plus grand public et peut-être un peu trop timorée par rapport à ses bandes précédentes, cette curiosité gagne surtout en intérêt dans sa vision hyperbolique des années 80 (vidéo-clubs gigantesques, néons en pagaille, aérobic : tout y est !) qui assume pleinement son héritage fifties avec tout un parfum de SF de bazar. Une curiosité sympathique où l’on peut croiser une toute jeune et toute fofolle Jennifer Tilly, ici pimpée comme une Jetson.

1h 34min | Drame, Epouvante-horreur
De Jeff Lieberman | Par Jeff Lieberman
Avec Zalman King, Deborah Winters, Robert Walden
Titre original Blue Sunshine

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