[MORT UN DIMANCHE DE PLUIE] Joël Santoni, 1986

Un couple en crise (Nicole Garcia et Jean-Pierre Bacri), confronté aux Bronsky (Jean-Pierre Bisson et Dominique Lavanant), une famille bizarre qui vit dans une roulotte à quelques mètres de leur maison. On se demande encore pourquoi ce film reste sous-estimé.

PAR PAIMON FOX

Avec l’aide de Philippe Setbon au scénario, Joel Santoni a librement adapté un roman éponyme de Joan Aiken (Died on a rainy Sunday) pour le transposer en Suisse. L’histoire d’un couple psychopathe cherche à se venger d’un architecte que le mari  D’emblée, il avait envie de faire ce que d’autres cinéastes français comme lui (Mocky, Manzor) ont essayé dans les années 80 : œuvrer dans le cinéma fantastique. Les premières images annoncent l’arrivée des intrus pénétrant dans une maison high-tech. Pendant longtemps, on ignore les motivations des Bronsky et celles de sa femme.

Taillé comme un boogeyman, Jean-Pierre Bisson ressemble à un personnage de série B pourvu d’extension métallique. Il incarne le poids de la culpabilité du personnage de Bacri qu’il tient pour responsable d’un accident de chantier lui ayant coûté son bras et ayant causé la mort de sept ouvriers. Bacri est conscient que cet intrus représente une menace. Ironiquement, lorsque ce dernier essayera de lui tirer dessus, ce seront des balles à blanc. Comme si Bisson n’était qu’un fantôme.

Il suffit de voir Nicole Garcia enrubannée dans une robe rouge pour comprendre que Mort un dimanche de pluie est avant tout un conte de fées pour adultes où les méchants du passé agressent la bonne conscience du présent. Les métaphores peuvent parfois paraître appuyées (la présence d’un corbeau et d’une musique Hitchcockienne à la première apparition des Bronsky, l’aspect « marâtre » de Dominique Lavanant) mais elles contribuent au climat angoissant. Ce théâtre de la cruauté dont l’enjeu est mortel repose aussi sur ses interprètes – tous excellents. Face à la fadeur du couple Nicole Garcia/Jean-Pierre Bacri, Jean-Pierre Bisson et Dominique Lavanant, absolument géniaux, provoquent le frisson par leur simple présence à l’écran. On connaissait sa prédilection à lui pour les caractères à l’œil torve. Pas celle de Lavanant (sauf peut-être chez Mocky dans Agent Trouble) qui, dans son seul rôle sombre au cinéma, démontrait qu’elle était capable de beaucoup.

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