Dans Drive my car, en compétition au Festival de Cannes, Ryusuke Hamaguchi, réalisateur de Senses et Asako I et II, explore un secret hantant un couple. Combien sur l’échelle du Chaos?
Titre: Drive My Car
Réalisation: Ryusuke Hamaguchi
Interprètes: Hidetoshi Nishijima, Toko Miura, Masaki Okada, Reika Kirishima
De quoi ça parle? Alors qu’il n’arrive toujours pas à se remettre d’un drame personnel, Yusuke Kafuku, acteur et metteur en scène de théâtre, accepte de monter Oncle Vania dans un festival à Hiroshima. Il y fait la connaissance de Misaki, une jeune femme réservée qu’on lui a assignée comme chauffeure. Au fil des trajets, la sincérité croissante de leurs échanges les oblige à faire face à leur passé.
Ça palme? La grosse côte du festival. Hamaguchi n’en finit plus de séduire les plus grands festivals de cinéma au monde. Après l’ours d’argent en février dernier pour Wheel of Fortune and Fantasy, un prix (et peut-être même une palme?) lui tend les bras.
Combien sur l’échelle du chaos? Le nouveau prodige du cinéma japonais x (adaptation de Murakami + film de 3h) = ★★★★. On aime énormément Ryusuke Hamaguchi au Chaos, un réalisateur dont la carrière va crescendo. Après les beaux balbutiements de Passion, l’ampleur et l’émotion de Senses et la romance trouble et double de Asako I & II, et en attendant son film primé à la dernière berlinale, on sent le cinéaste proche de sortir enfin son premier véritable chef-d’œuvre. Drive My Car est tout désigné, avec son titre emprunté aux Beatles (comme Norwegian Wood de Tran Anh Hung, autre adaptation de Murakami), ses 3h d’images, son sujet propice à la fresque sentimentale et mystérieuse (deux atmosphères chères à Hamaguchi), et bien sûr l’étiquette « adaptation de Murakami ». Verdict à Cannes.


