Le réalisateur russe Kirill Serebrennikov privé de Cannes à cause d’une condamnation

Le réalisateur russe Kirill Serebrennikov, dont le nouveau film Petrov’s Flu sera en compétition à Cannes, est interdit de sortie du territoire russe et ne pourra donc pas se rendre légalement au festival. Une seconde fois après l’année de Leto.

« Kirill (Serebrennikov) ne peut quitter le territoire russe », a affirmé l’avocat de Kirill Serebrennikov, Dmitri Kharitonov, précisant que cette interdiction serait en vigueur jusqu’à la fin du sursis dont a été assorti la peine de prison à laquelle a été condamné son client, soit jusqu’à juin 2023. L’artiste de 51 ans a été condamné fin juin 2020 à trois ans de prison avec sursis et à une amende dans une affaire de détournement de subventions publiques qu’il conteste. En août 2017, il avait été arrêté puis assigné à résidence plus d’un an et demi, accusé avec des associés d’avoir détourné environ 130 millions de roubles (1,8 million d’euros) entre 2011 et 2014. Pour ses partisans, le réalisateur et metteur en scène a en réalité été puni pour ses œuvres parfois osées mêlant sexualité, politique et religion, alors que le Kremlin défend un retour aux « valeurs traditionnelles ». Ces poursuites judiciaires avaient soulevé une vague de soutien international en faveur de Kirill Serebrennikov.

Les organisateurs du 74e Festival de Cannes ont annoncé jeudi dernier que son dernier long-métrage, Petrov’s Flu, serait en compétition pour la Palme d’or. Le film est une adaptation d’un roman de l’écrivain russe Alexeï Salnikov, dans lequel le triste quotidien d’une famille d’Ekaterinbourg, une cité industrielle de l’Oural, prend un tour surréaliste quand ses trois membres contractent la grippe. Le long-métrage doit sortir en Russie le 9 septembre prochain, selon son distributeur, Sony Pictures. Après la nouvelle de sa nomination à Cannes, Kirill Serebrennikov a affirmé être « heureux » que le film puisse être vu au Festival, selon un communiqué publié par son distributeur. « Je ne prévoyais pas de tourner ce film. Il est venu à moi, m’a capturé et je suis devenu son prisonnier avec beaucoup de plaisir. Il est arrivé à un moment assez difficile de ma vie, comme un exécutoire, une joie essentielle, voire comme une sorte de bouée de sauvetage », a-t-il déclaré.

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