Après être passé par Cognac, puis Beaune, le Festival du Film Policier prendra ses quartiers dès l’année prochaine à Reims, et sera arrosé de champagne, donc. En attendant, la 38ème édition assurera la transition sous forme virtuelle, Covid oblige, du 26 au 30 mai 2021.
La ville change, pas les bonnes habitudes. On retrouvera au Festival du Film Policier de Reims les traditionnelles sections Compétition, Sang neuf et hors compétition. La sélection officielle s’avère très éclectique et internationale, et reflète la mutation d’un monde aux frontières toujours plus fluctuantes, comme dans Berlin Alexanderplatz du réalisateur allemand d’origine afghane Burhan Qurbani, qui montre un réfugié clandestin tentant de s’installer à Berlin après avoir juré de rester vertueux: un serment plus facile à dire qu’à tenir… Dans le Français Boîte Noire, le réalisateur Yann Gozlan retrouve Pierre Niney pour le plonger dans une enquête dangereuse sur le crash suspect d’un vol Paris-Dubai. Le Coréen Deliver Us From Evil s’annonce tendu: écrit et réalisé par le scénarsite de Nah Hong Jin (The chaser et The murderer), il suit un tueur à gages en Thaïlande où il est pris pour cible par un homme dont il a tué le frère. Ultra buzzé par William Friedkin, La loi de Téhéran de l’Iranien Saeed Roustaee retrace avec une précision documentaire et une énergie démentielle la traque d’un trafiquant de drogue par un flic obsessionnel. Avec son titre anodin et son air de chronique familiale, Storia di Vacanze ne devrait pas faire oublier qu’il est réalisé par les frères D’innocenzo, auteurs du très impressionnant Frères de sang. A surveiller donc. Autre entrée italienne: The Mayor of Rione Sanita est signé Mario Martone (L’amour meurtri), et observe un édile napolitain non conformiste soudain confronté à un cas de conscience difficile. The Slaughterhouse (Iran encore) est le quatrième film d’Abbas Amini qui montre un homme, de retour en Iran après avoir été expulsé de France, plongé malgré lui dans le milieu du trafic de devises. Unidentified (Roumanie) est centré sur un flic obstiné qui poursuit une enquête envers et contre tous. Pour son deuxième long métrage, le réalisateur Bogdna George Apetri a fait appel à Oleg Mutu, directeur de la photo de Cristian Mungiu et Sergei Loznitsa. Dans Watch List (Etats-Unis/ Philippines), une mère de trois enfants fréquente les bas-fonds de Manille pour enquêter sur la mort de son mari. C’est le troisième film de Ben Rehki, un diplômé de la NYU et de l’USC, qui a travaillé pour les frères Coen et George Clooney.
Comme son nom l’indique, la section Sang neuf propose de découvrir de nouveaux regards sur le genre. Cette année, ils viennent principalement d’Europe ou des pays de l’Est. Dans Assandira (Italie) Salvatore Mereu évoque, à travers le point de vue d’un berger sarde, la chaîne d’événements qui ont abouti à l’incendie ayant causé la mort de son fils. La troisième guerre de Giovanni Aloï est un film français produit par Capricci qui suit un jeune soldat en mission de surveillance dans la capitale. Avec Anthony Bajon, Karim Leklou et Leïla Bekhti. Dans Rounds (Bulgarie), Stephan Komandarev fait le point sur l’état de son pays, trente ans après la chute du mur de Berlin, à l’occasion d’une enquête de police consécutive à la mort d’un toxicomane bien connu de leurs services. Shorta, des Danois Anders Olholm et Frederik Louis Hviid prouve que les mêmes maux se répètent dans tous les pays avec cette immersion involontaire de deux policiers dans les émeutes qui enflamment la banlieue de Copenhague après la mort d’un adolescent noir au cours d’une garde à vue trop musclée. Par Adylkhan Yerzhanov, le réalisateur kazakh de A dark dark man, Ulbolsyn retrace les efforts d’une citadine pour aider sa sœur à échapper au piège d’une société rurale patriarcale. Enfin, Vaurien (France) de Peter Dourountzis suit l’arrivée à Paris d’un vagabond débrouillard, charmeur et assassin. Pour s’y rendre, cliquez sur le lien.

