Ellen Burstyn thaumaturge dans le méconnu « Resurrection » (1980)

Adoré aux Etats-Unis, inconnu en France, Resurrection de Daniel Petrie prend les atours d’un mélo fantastique avec la formidable Ellen Burstyn en guérisseuse revenue de l’au-delà. Une curiosité bondieusarde visible dans un combo Dvd/Blu-ray chez Elephant Films.

Après un accident de voiture et la mort de son mari, une femme (fabuleuse Ellen Burstyn) se découvre des pouvoirs paranormaux de guérison. De retour dans sa petite ville de naissance, elle met son don au service de la communauté; ce qui attire l’attention et la colère de l’église. Elle va tenter de faire entendre sa voix, entre la circonspection des psychologues et la pression des bigots, qui voient en elle une incarnation du diable. C’est un peu l’ancêtre de La Ligue Verte (Frank Darabont, 1999) avec Ellen Burstyn guérisseuse à la place de Michael Clarke Duncan guérisseur. Mais sans l’heure de mélo en rab, sans le contexte pénitencier avec maton-bon et maton-horrible, ni la dissertation sur la peine de mort. Sans surprise, ce plaidoyer pour l’amour et la compréhension des autres, à deux doigts du chaos illuminé, a marqué les esprits des Américains à sa sortie et bien après lors de multiples diffusions cathodiques: sous couvert d’une intrigue fantastique à dormir debout, il s’agit de raconter ce qui reste de conscience américaine. Sans surprise non plus, ce film est totalement passé sous le radar chez nous, sinistres cyniques. La facture datée et le prêchi-prêcha bondieusard – mais ne serait-ce pas la résurrection de Jésus au féminin? – expliquent très certainement pourquoi les Français ne lui ont pas déroulé le tapis rouge, mais face à ce drôle d’objet mystico-paranormal (qui a vraiment sa secte de thuriféraires outre-Atlantique), qu’on soit sceptique ou mordu, un seul point fera l’unanimité: la perf d’une super comédienne (Ellen Burstyn, revenue de Friedkin, de Scorsese et de Resnais), capable de vous faire croire en tout et, parfois même, en n’importe quoi. Pas de doute: à elle, on lui donnerait le bon dieu sans confession.

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