[MOM AND DAD] Nicolas Cage en hypertension

C’est méchant, c’est n’importe quoi, c’est chaos.

PAR JEREMIE MARCHETTI

Où avait-on laissé ce fracassé du bocal de Bryan Taylor? Sur une note pas très heureuse il faut l’avouer, à savoir un Ghost Rider 2 qui avait toutes les peines du monde à apporter la touche punk sur une franchise Marvel, même en tandem avec son pote Mark Neveldine. Seulement voilà, ça fait tout de même un bout de temps. Plus proche de la série b de samedi soir, Mom & Dad, qu’il ne faudra pas confondre avec le torture porn sympa Mum & Dad (Steven Sheil, 2008) marque sa première excursion dans le domaine horrifique. Et vu la tonalité enragé de l’énergumène, même en solo, on demandait à voir right now.

Le résultat se niche dans le sous-genre, finalement assez prolifique, du film de virus enragé, où il n’est point question de zombies ou de contaminés, mais bien de syndrome d’ultra violence forçant le peuple à se taper les uns sur les autres (comme d’hab en fait, mais en pire). Citons à la pelle The Crazies, Impulse, Alone, The Signal… la saturation n’est pas encore arrivée, alors allons y, en voiture Simone. Taylor ne s’embarrasse de pas grand-chose et file droit, ivre au volant bien sûr, et avouons-le on aime bien ça.

Lors d’une après-midi, à priori somme toute banale, une foule de parents viennent s’agglutiner aux portes du collège pour guetter leur enfants. La tension monte d’un cran lorsque les kids se rendent compte que leurs géniteurs ne leur veulent pas franchement du bien! En effet, un signal transforme n’importe quels parents en psychopathes acharnés ayant pour seul but de buter leur progéniture et personne d’autre. Couple usé par l’American Way of Life, Selma Blair et Nicolas Cage attendent impatiemment le retour de leurs gosses pour le goûter.

Oubliez le mot gentillesse, il n’appartient définitivement pas à cette chose filmique. Dégraissé jusqu’à ne laisser aucune miette (1h20 avec une belle fin en queue de poisson au bout), le résultat est jouissif et d’un mauvais goût resplendissant, en témoigne cette tentative de meurtre sur un nourrisson (très tendance le bébé mort hein) sur fond de Roxette. Le montage en fait des caisses, heurté, tape-à-l’œil, vulgos; la caméra serpente de partout: petit goût de rouleau compresseur au bout de la langue, avec une cruauté qui croustille partout et un humour à la langue bien fourchue. Et puis au milieu du bordel, Nicolas Cage, fidèle à lui même, donne tout et trop à la fois, film à l’intérieur du film, à deux doigts de faire passer le numéro de Jack Nicholson dans Shining pour du Duras.

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