[CRITIQUE] LA LA LAND de Damien Chazelle

L’action se déroule au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia (Emma Stone) sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian (Ryan Gosling), passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent. Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante in Hollywood ?

Est-ce que La La Land est à la hauteur de sa réputation de pilule du bonheur célébrant le rêve dans l’Amérique (déprimée) de Trump ? La réponse est oui. N’y allons pas par quatre chemins : La La Land est un film euphorisant. Pas la peine d’adorer les comédies musicales pour s’esbaudir devant cet hommage à l’âge d’or des comédies musicales US faisant chanter et danser Emma Stone et Ryan Gosling, respectivement « actrice qui enchaîne les auditions » et « jeune pianiste de jazz habité par la musique mais qui a du mal à payer ses factures ». Le cinéphile y trouvera son compte : les séquences de danse qui réunissent nos deux stars rappellent le couple mythique Fred Astaire et Ginger Rogers.
Mais La La Land, ce n’est pas que ça. C’est aussi la croyance ravivée en un cinéma Hollywoodien merveilleux. Il y a bien sûr du génie dans le jeu de ses deux comédiens en totale osmose, dans la mise en scène et la mise en musique, dans cette manière de nous faire croire que tout cela est naturel, quand derrière il y a notamment le travail miraculeux d’un chef-op qui fait exactement ce qu’il veut de la lumière pour que le cadre devienne photo, tableau et imprime durablement la rétine. 
 
Certes, il semble convenu de dire que plus que jamais nous avons besoin d’espoir et de romantisme sur grand écran. Pourtant, c’est une évidence à l’heure où Hollywood souffre de la récente élection de Donald Trump. Merci donc à Damien Chazelle de raviver avec candeur mais non sans cruauté ce romantisme désuet, cet amour vibrant du cinéma, de la musique, du théâtre, du concert, de la danse. Et, comme dirait l’autre, merci de nous donner l’envie d’aimer.

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