Comment allez-vous, Sam Raimi?

Dans « Le Monde Fantastique d’Oz », Sam Raimi revient aux origines du cinéma, du « Magicien d’Oz » à Méliès pour un divertissement enchanteur en 3D. Comment faire du neuf avec du vieux. 

A chaque nouveau film, le réalisateur Sam Raimi expérimente un genre avec le même appétit de cinéphile: l’horreur avec « Evil Dead », le fantastique avec « Intuitions », le polar avec « Un plan simple », le western avec « Mort ou vif », le super-héros avec « Spider-man ». Avec « Le Monde Fantastique d’Oz », Sam Raimi signe un divertissement accessible et familial présenté comme une variation autour du Magicien d’Oz de L. Frank Baum, en lien avec « Le Magicien d’Oz », de Victor Fleming (1939). C’est sa première collaboration avec les studios Disney et loin de se résumer à une compromission, cette expérience lui a permis de faire quelque chose de nouveau à partir d’un matériau a priori obsolète dans une filmographie déjà riche. L’exemple même de l’artiste qui n’a plus grand-chose à prouver.

Est-ce que l’univers du « Magicien d’Oz » a inspiré vos précédents longs métrages ?
Sam Raimi : Je n’avais jamais lu le roman de L. Frank Baum que tout le monde considère comme un classique des contes de fées. En revanche, je connais le film de Victor Fleming sur le bout des doigts. Il reste l’une de mes grandes influences en tant que cinéaste et je me suis surpris à réaliser qu’il avait influencé mes précédents longs métrages. Pour Evil Dead par exemple, la plupart des éléments horrifiques, surréalistes et noirs viennent de ce film.

Quelles ont été vos influences?
S.R. : J’étais très influencé par Méliès et les Frères Lumières. Le plus difficile sur le tournage ne reposait pas tant sur la gestion des effets illustratifs que sur la nécessité de montrer l’humanité des personnages animés. Je pense notamment à la poupée de porcelaine. Et je ne voulais pas que la jeune actrice Joey King soit paralysée, décontenancée ou découragée par la technique. Je devais rester extrêmement vigilant sur le message du film, qui parle avant tout du cœur humain. Sans humanité, le film se serait résumé à de l’animation désincarnée.

« Le monde fantastique d’Oz » représente aussi un défi dans votre filmographie : fréquenter un genre nouveau alors que vous auriez pu vous contenter de répéter une formule.

S.R. : C’est totalement vrai. Je veux toujours faire quelque chose de nouveau. Cela ne me dérange pas lorsque je fais des suites comme avec « Evil Dead » et « Spider-man » : si j’aime les personnages et si ça me plaît de les retrouver, je peux faire une suite. Autrement, je ne l’envisage pas. Je déteste me répéter. Ça m’ouvre l’esprit que de changer de registre ou de fréquenter un genre que je ne connaissais pas. Qui aurait pu dire à l’époque des « Evil Dead » que je réaliserai un jour « Spider-man » ou même « Le monde fantastique d’Oz » ? Depuis le début, j’ai toujours eu besoin de l’excitation de la découverte ou d’un challenge artistique. Ici, créer un univers que les gens ne connaissent pas ou ne voient pas souvent ou être sensible aux moindres détails, la couleur d’une fleur, les montagnes, le design des villes…

Comment définiriez-vous le film ?
S.R. : Un divertissement familial, avant tout. J’aimerais que les enfants et les parents partagent un bon moment ensemble. Cela s’adresse sans doute moins à un public geek ou aux fans de « Spider-man ». Mais mon but avec « Le monde fantastique d’Oz », c’est de faire voyager n’importe quel spectateur et que ce voyage soit doux et fasse prendre de la hauteur. En bref, communiquer l’émerveillement que j’ai eu lorsque j’ai découvert « Le magicien d’Oz », de Victor Fleming. Avec la 3D.

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!