[critique] Atomik Circus de Didier & Thierry Poiraud

Skotlett City est toujours traumatisée par la catastrophique grande fête de la tarte à vache. James Bataille a d’ailleurs fini en prison et cette fois-ci il s’en échappe, bien décidé à retrouver Concia, sa fiancée qui veut devenir chanteuse de country. Mais malheureusement, tout ne se passe pas comme il l’aurait souhaité… En dépit des apparences, Atomik Circus est une sorte de vilain petit canard français qui a la bonne idée de ne pas révéler immédiatement ses atouts. Une première mouture du film a été présentée aux producteurs qui, à la dernière minute, donnent l’impression de s’être désolidarisés de ce divertissement tout sauf consensuel. Vendu par la bande-annonce comme une comédie aseptisée et sagement fêlée avec Vanessa Paradis en tête d’affiche, Atomik Circus est en réalité un film cradingue et fier de l’être, une série Z de luxe assez sanguinolente qui fait voler les têtes, gicler le sang et explore différents genres en même temps (la comédie musicale, l’humour belge, le gore et la science-fiction).
C’est plus un défi de cinéma ambitieux qu’un film de facture classique. Le premier long des frères Poiraud ne s’adresse pas à ceux qui consomment le cinéma comme un passe-temps mais aux cinéphiles qui recherchent un peu de créativité artistique dans l’uniformisation ambiante. C’est une aubaine, parce que le film ménage de bonnes surprises tout le long d’un scénario foutraque et reprend le schéma hybride cher à Robert Rodriguez et sa Nuit en enfer en opposant la placidité d’un bled paumé à une invasion massive. En même temps, les spectateurs comme les personnages s’en foutent au plus haut point : tout est excessif, survolté et illogique.
Cette farce gore, qu’on aurait pu souhaiter plus incisive, voire nihiliste, évoque dans ses meilleurs moments les délires jadis occasionnés par Action mutante (Alex de la Iglesia, 1992) et Bad taste (Peter Jackson, 1987). Les acteurs sont d’une générosité extrême, les extra-terrestres, agréablement cheap, et les dialogues, souvent très drôles. Quelques ruptures de ton, des problèmes de mise en scène (une caméra trop branlante) et de narration (un dénouement pas aussi excitant que prévu) cassent un peu l’enthousiasme. Pourtant, cet objet de cinéma difficilement identifiable, peut-être un peu trop vite autoproclamé culte (un film culte se fait plus sur la durée et la confidentialité), est tellement audacieux qu’il se distingue aisément des productions actuelles dépourvues de folie comme de saveur.

Les articles les plus lus

Les dix meilleurs films de 2026 (pour le moment…)

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins...

Le thriller romantique queer « The Serpent’s Skin » de Maio Mackay dévoilé dans une bande-annonce prometteuse

Une bande-annonce vient d’être dévoilée pour The Serpent's Skin,...

« Crystal Lake » : la franchise horrifique « Vendredi 13 » déclinée en série

Les studios A24 et la plateforme Peacock ont dévoilé...

Culte des années 2000 : The Detroit Experiment – « Think Twice »

En 2002, Carl Craig enregistre une nouvelle version de...

« Salvation » de Emin Alper : recette pour un massacre

Avec Burning Days (2022), sorte de Réveil dans la...

Culte des années 2000 : Freezepop – « Less Talk More Rokk »

Au milieu des années 2000, Freezepop commence à changer...

Culte des années 90 : Mos Def – « May-December »

Surprise : après seize titres, Mos Def termine Black...

Culte des années 90 : Laika – « Almost Sleeping »

Le groupe Laika se forme à Londres en 1993...

Culte des années 80 : Cameo – « Word Up »

Une batterie électronique sèche, une basse qui cogne, quelques...

Culte des années 2010 : Red Axes – « Papa Sooma »

Papa Sooma s’ouvre sur quelques notes de clavier, une...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
Skotlett City est toujours traumatisée par la catastrophique grande fête de la tarte à vache. James Bataille a d’ailleurs fini en prison et cette fois-ci il s’en échappe, bien décidé à retrouver Concia, sa fiancée qui veut devenir chanteuse de country. Mais malheureusement, tout...[critique] Atomik Circus de Didier & Thierry Poiraud
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!