[critique] Frankie Wilde de Michael Dowse

Dans le monde de la nuit, Frankie Wilde est une légende. DJ surdoué, il déclenche l’hystérie des fans à chacune de ses prestations. Mais l’artiste mène une vie de débauche et, cédant aux démons de la drogue, se coupe peu à peu de la réalité. Son univers artificiel s’écroule lorsque les médecins diagnostiquent une surdité précoce. Oublié de tous, Frankie sombre dans la déchéance. Le roi des DJ entend pourtant reconquérir sa couronne, et ce malgré son handicap. A Ibiza, Frankie Wilde est le roi de la teuf. Qui c’est ? Un Dj à la mode, une sorte de David Guetta qui fait dance into the groove les corps chauds de clubbeurs overdosés de techno et de house music. Mais, dans Frankie Wilde, il n’y est pas que question de teufs pour petits clous qui s’éclatent sur Love don’t let me go. En réalité, il s’agit plutôt de l’histoire d’un pet shop boy qui va devenir le Beethoven des plus grandes discothèques du monde. Dur d’être sourd et de vouloir continuer à être le roi des dance floor. Dur d’apprendre à se reconstruire et de se réconcilier avec le monde quand on en est déconnecté.
Certains risquent de trouver tout ce bad trip gravement superficiel mais les effets visuels et sonores très tendance ont au moins le mérite d’illustrer le propos. Au fil des bobines, le parcours devient initiatique, rédempteur et halluciné. Le plus intrigant reste le second tiers, volontairement plombant, où Frankie s’exile seul loin des autres et combat ses propres démons intérieurs incarnés par un étrange ours. Quelque chose comme la version ecsta de Last days qui, lui, carburait au valium. Si la dernière partie s’avère moins palpitante, tout le reste du métrage dépote et assure une certaine énergie. Après, on a le droit d’aller voir ailleurs.

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