[CRITIQUE] ASSAUT SUR LE CENTRAL 13 de Jean-François Richet

Une nuit de réveillon, l’un des membres les plus dangereux de la mafia, Marion Bishop est temporairement incarcéré dans un bâtiment gardé par une équipe de police placée sous le commandement de Jake Roenick. Alors que le monde entier fait la fête, il semble que tous les malfrats du pays se soient ligués pour libérer Bishop coûte que coûte. Face aux moyens démesurés des criminels, un seul objectif : tenir jusqu’à l’aube…

Sur la papier, l’idée d’un remake d’Assaut (1978), chef-d’œuvre de John Carpenter dans lequel l’ombre de Rio Bravo croisait celle, plus gore, de La nuit des morts vivants, est très appétissante, d’autant qu’à la réalisation, il y a Jean-François Richet, un cinéaste français venu tenter sa chance à Hollywood, comme tant d’autres Pitof (Catwoman, au secours) ou Kassovitz (Gothika, re-au secours). Possibilité donc de sauver l’honneur… Hélas, Assaut version 2005 est une relecture fadasse et mollassonne qui ne vaut pas mieux que n’importe quel « direct-to-dvd ».
Si, certes, Richet respecte l’œuvre originelle dans sa construction narrative (mises à part quelques digressions superfétatoires et une fin inutilement surchargée voire grotesque), il n’en zappe pas moins les connotations fantastiques et autres scènes cruciales (le passage avec le marchand de glaces) pour se focaliser sur l’action et la pyrotechnie. Le résultat est d’une impersonnalité à tous les étages et déçoit furieusement tant le cinéaste ordinairement franc-tireur nous avait habitués à mieux et plus corrosif (Ma 6-T va cracker).
Richet laisse les acteurs se dépêtrer comme ils peuvent avec des situations écrites et dialoguées avec la grâce d’un hippopotame. Malgré le casting (Ethan Hawke, impeccable) et un prologue incroyablement survolté et violent, ce remake inutile retombe aussitôt dans les conventions du téléfilm du samedi soir. C’est efficace au demeurant mais immensément décevant compte tenu des attentes.

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