Walkover (1965)
De Jerzy Skolimowski, avec Jerzy Skolimowski, Elżbieta Czyżewska.
Andrzej Leszczyc, ancien boxeur, retrouve par hasard une femme qui l’a jadis trahi. Elle l’invite à l’accompagner dans sa journée et il en tombe amoureux. Mais une vieille connaissance le convainc de remonter sur le ring. La mise en scène est d’un virtuose – vigueur, intelligence, souplesse – sans que jamais cette virtuosité ne se traduise par des effets gratuits. Boxeur, poète, auteur dramatique, scénariste (collaborateur de Wajda pour Les Innocents charmeurs, et de Polanski pour Le Couteau dans l’eau), comédien et réalisateur, Sko s’y confie comme jamais dans ce portrait d’un inadapté dans un monde régi par la combine. Il apparaissait alors comme l’un des plus brillants représentants du jeune cinéma polonais, avant la confirmation du somptueux Deep End et l’effroi du troublant Cri du sorcier. LR
LE FILM EN +: Andy de Richard Sarafian (1965)
Oui, l’homme de Vanishing Point, de Fragment of fear et de la première mouture de The Revenant (Le convoi sauvage) a débuté sa carrière sous les auspices de la Semaine, à un moment bizarre où les festivals délaissaient les US de l’ère post-studio pour faire les yeux doux à l’Europe. Et là, surprise, ce portrait d’un homme accusant un retard mental, gros bébé de 40 ans façon Des fleurs pour Algernon, est une franche réussite, là où tant de films américains qui regardent vers l’Europe ont comme un goût d’échec dans la bouche. Dans un New York lugubre à souhait, notre simple d’esprit descend des bocks de vodka tel un Russe, subit les brimades des gens «normaux» et tracasse ses parents qui ne savent que faire de lui. Et c’est fort émouvant, ce que vous pouvez confirmer ou infirmer avec un rip tout moisi dispo sur YouTube, faute de meilleures copies (le film a-t-il seulement eu droit à une sortie en France?) G.R.


