« Viva la Muerte », « The Atrocity Exhibition », « Le Quatrième Homme » : la sélection chaos de Carlos Conceição

Depuis New York, où il présente son nouveau film Bodyhackers, Carlos Conceição, réalisateur du si étrange Tommy Guns, nous envoie trois films chaos qu’il recommande.

« Bonjour à tous, je suis Carlos Conceição et voici les trois films que je décrirais comme véritablement chaotiques, non pas parce qu’ils manquent de forme, mais parce que chacun d’entre eux invente une forme précise de désordre psychique, sexuel ou politique.

Mon premier choix serait le film de Fernando Arrabal, Viva la Muerte. C’est un souvenir d’enfance transformé en une hallucination politique blasphématoire. Le fascisme, le catholicisme, la trahison familiale, l’éveil sexuel, ils ne sont jamais séparés en thèmes pratiques parce qu’Arrabal les force à entrer dans les mêmes images fiévreuses. Et la cruauté la plus profonde du film réside dans l’imagination de l’enfant, qui devient à la fois un refuge et une chambre de torture. Et peu de films, je pense, comprennent avec autant de férocité que la violence politique entre d’abord dans l’Histoire par le corps et par la famille.

Ma deuxième recommandation est The Atrocity Exhibition de Jonathan Weiss, qui fait ici quelque chose de presque impossible. Il traduit J.G. Ballard au cinéma sans le domestiquer. Plutôt que d’adapter un récit conventionnel, il adapte un système nerveux. Les corps, l’architecture, les célébrités, la catastrophe, le langage médical, ils deviennent des surfaces interchangeables. Et c’est le cinéma fonctionnant comme un instrument de recherche endommagé, enregistrant le moment où les images publiques commencent, en quelque sorte, à prendre le dessus sur le désir privé, vous savez. Et c’est à peu près ainsi que pense la majeure partie de la littérature de J.G. Ballard.

Mon troisième choix est le film de Paul Verhoeven, Le Quatrième Homme. C’est un thriller érotique catholique dans lequel le désir fabrique sa propre théologie. Chaque image pourrait être un avertissement divin, une hallucination alcoolique, une invention produite par la vanité du protagoniste. Et la plus grande perversion du film est que le désir bisexuel n’est jamais traité comme un problème à expliquer, mais qu’il devient le système de vision du film, permettant au sexe, à la mort, à la foi, à la paranoïa de se contaminer les uns les autres. Et comme ça, Verhoeven transforme le foreshadowing en une sorte de fétiche. Et je pense que la trace commune, l’ADN commun de ces trois films, c’est que, d’une certaine manière, ils deviennent en quelque sorte ce dont ils parlent.

Ils fonctionnent comme des systèmes organiques qui traduisent l’aventure de l’intrigue en une compréhension physique pour le spectateur. Donc voilà mes trois recommandations. J’espère qu’elles correspondent aux goûts du public de Chaos Reign, parmi lequel je me compte moi-même. Merci. »

@chaosreignfr Le réalisateur Carlos Conceição (« Tommy Guns ») donne ses films chaos préférés dans la ChaosTV #film #cinema #classement ♬ son original – CHAOS

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