[VITE VUS 🔴] «La main de Dieu» de Paolo Sorrentino & «A perfect enemy» de Kike Maíllo

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Séances de rattrapage pour La main de Dieu de Paolo Sorrentino (sur Netflix) et The perfect enemy de Kike Maillo (au cinéma).

Commençons par La main de Dieu (★★) de Paolo Sorrentino, qui atterrit directement sur Netflix avant les fêtes. Vu sa teneur autobiographique et sa gueule de grosse machine nostalgique, on pouvait s’attendre naïvement à ce que Sorrentino retrouve un peu la grâce de sa Grande Bellezza, son meilleur film, en évoquant son adolescence dans l’Italie des 80’s. D’ailleurs «c’est marrant» (comme dirait Zaza), l’acteur principal est un sosie de Timothée Chalumeau: à voir si ça vous aidera ou pas…

Durant une première heure mi-amusante mi-grinçante, La main de Dieu ressemble à un best-of de tous les clichés possibles du cinéma italien (si ce n’est de l’Italie): premiers émois face à la Milf interdite, hystérie collective quasi religieuse face aux matchs de foot (c’était l’ère Maradona), les réunions de famille semblables à une monstrueuse parade, les portes qui claquent à la volée… Pour boucler la boucle, Sorrentino va jusqu’à filmer la file interminable d’un casting pour un film de Fellini (s’il fallait voir au moins une scène, ce serait celle-là). Soit. Arrive alors l’amorce de la seconde partie, s’abattant comme une guillotine et se laissant entraîner par une torpeur morbide à vrai dire un peu trop effective (traduction: c’est l’ennui). Coming of age teinté d’une vision assez mortifère de la sexualité, La main de Dieu roulera probablement une majeure partie de la critique, qui y verra l’oeuvre de la maturité de son auteur. Nous, on a un peu baillé. Naples y est magnifiquement filmée, c’est déjà ça…

Sinon, sort en salles à la fin de l’année en catimini A perfect enemy (★) de Kike Maillo, thriller espagnol sur lequel on avait deux trois espoirs. Avec sa signature un peu classe, propre et robotique digne d’une production vod, le résultat avait tout pour finir son existence sur Netflix ou Prime. Mais on suppose qu’adapter Amélie Nothomb, et plus exactement son Cosmétique de l’ennemi, ça aide. Une bien mauvaise idée, tant ce face-à-face aussi théâtral que mental ne pouvait survivre à une adaptation cinéma en 2021.

A l’écran, A Perfect Enemy a tout du thriller de petit malin qui a passé la date de péremption, confrontant bon gré mal gré un architecte (Tomasz Kot en mode dilf d’amphithéâtre) à une timbrée à la langue bien pendue (insupportable Athena Strates, perdue dans un numéro de cintrée edgy pour tiktokeurs influençables). Vendu comme un thriller érotique (ce qu’il n’est à aucun moment, pauvre de nous), ce bidule pseudo-fincherien semble à peine perturbé par son twist diablement interdit, comme si vingt ans de thrillers mindfuckés n’avaient jamais existé. J.M.

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