Nos films vus en 2025, classés par ordre de préférence sur Letterboxd

Quels sont les films vus, critiqués, aimés (et moins aimés) par la rédaction chaos en 2025 ? Pour le savoir, il suffit de faire un tour sur notre page Letterboxd où tous les longs métrages vus en festival, en VOD et en salles depuis le début de l’année sont référencés et classés par ordre de préférence. Une bonne manière de savoir ce que nous avons collectivement aimé, voire adoré. Voici donc les 20 must-see à voir, à découvrir ou à rattraper.

1. L’agent secret de Kleber Mendonça Filho (vu et adoré à Cannes, visible en salles le 17 décembre)
Somme de tous les films de son auteur, et surtout des recherches effectuées sur la ville de Recife, son histoire, ses salles de cinéma et ses secrets pour Portraits Fantômes, L’Agent Secret est un passionnant dédale cinématographique à travers les genres du cinéma (du thriller d’espionnage au film-dossier, en passant par le mélo et l’horreur). En tant que film d’un ancien critique émérite, on n’en attendait pas moins.
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2. Fantôme utile de Ratchapoom Boonbunchachoke (en salles depuis le 27 août)
Fantôme Utile n’est pas un film sur les morts, mais sur ceux qu’on voudrait enterrer une seconde fois : les ouvriers exploités, les amants sacrifiés, les militants criblés de balles. Si la poussière revient toujours, c’est parce que certains souvenirs refusent d’être balayés. Un film désarmant, anarchique et terriblement original, qui nous rappelle qu’entre les lois de l’État et celles des spectres, il vaut parfois mieux choisir les secondes.
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3. Sirāt d’Óliver Laxe (en salles depuis le 10 septembre)
Il y a quelque chose de miraculeux dans la façon dont Laxe a trouvé le langage adéquat pour traiter son sujet. Son utilisation de la musique (signée Kanding Ray/David Letellier) est exceptionnelle, pas seulement pour exprimer la transe, mais aussi pour souligner la beauté fascinante et redoutable du désert. Film choc de l’année.
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4. Cadet de Adilkhan Yerzhanov (vu et adoré à L’étrange Festival)
Yerzanhov est à l’aise dans tous les genres, mais quand il s’attaque comme ici au fantastique, il réussirait à donner la chair de poule aux plus blasés, avec des effets pourtant simples : apparitions sporadiques de silhouettes floues, hallucinations, ultraviolence, sans oublier une musique dissonante propice à faire grincer les dents. Du chaos debout.
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5. Sinners de Ryan Coogler (en salles depuis le 16 avril, dispo depuis en VOD)
Quelque part entre Une nuit en enfer et Lovers Rock, du cinéma galvanisant.
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6. Pillion de Harry Lighton (vu au Festival de Cannes, en salles en 2026)
La relation amoureuse entre un biker féru de BDSM (Stellan Skarsgård) et son soumis (Harry Melling). Une romcom étonnante, qui n’a pas froid aux yeux, se privant même de juger les tendances subversives du couple. Harry Lighton n’y va pas avec les pincettes : asservissement, lutte, humiliation, tout y passe dans la joie et la bonne humeur. On aurait presque envie de s’acheter une panoplie en cuir.
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7. La Tour de glace de Lucile Hadzihalilovic (en salles depuis le 17 septembre)
Le film a obtenu un ours d’argent à Berlin, ce qui a valu soudainement à Lucile Hadzilhalilovic une reconnaissance tardive, mais unanime, comme si un signal tacite venait mettre à un terme à l’indifférence parfois hostile qui avait jusqu’à présent accueilli son cinéma étrange, beau et fascinant. La Tour de glace est dans la même veine, mais c’est son film le plus clair, le plus lisible, et le plus manifestement merveilleux.
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8. Resurrection de Bi Gan (vu et adoré à Cannes, en salles le 10 décembre)
C’est un rêve fait film, ou plutôt un film qui contient tous les rêves. Volontairement absconse et vaporeuse, l’intrigue se ressent plus qu’elle ne se comprend. Certains y verront un trip prétentieux et opaque d’un cinéaste cinéphile, convoquant des références pouvant paraître élitistes (Lumière, Méliès, Murnau, Melville, Welles, Wong Kar-Wai, etc.), mais jamais Bi Gan ne s’en sert comme d’un moteur narratif. Ce ne sont que les rimes visuelles d’un poème cinématographique. La Resurrection du titre n’est pas forcément celle de son « rêvoleur » à la fois acteur et spectateur brillamment interprété par la giga star chinoise Jackson Yee dans une partition proche de celle de Denis Lavant dans Holy Motors. C’est plutôt celle du cinéma, à l’heure où il est plus que jamais menacé par la disparition des salles et surtout son uniformisation et automatisation à l’heure de l’avènement de l’IA. Le cinéma de Bi Gan en était le plus puissant remède cette année.
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9. Room temperature de Dennis Cooper et Zac Farley (en salles le 26 novembre)
Ceux qui n’ont pas vu les précédentes œuvres de Dennis Cooper et Zac Farley seront probablement déstabilisés par la narration dense, les personnages impénétrables et l’ambiance awkwardly weird qui s’en dégage. Mais qu’ils ne se découragent pas si tôt : les autres aussi. Machinerie infernale, Room Temperature, dernier et certainement plus abouti film du duo Farley/Cooper continue de saboter l’expectative.
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10. The Ugly Stepsister de Emilie Blichfeldt (en salles depuis le 2 juillet, disponible en VOD)
C’est Cendrillon qui passe ici à la casserole dans une relecture venue de Norvège : The Ugly Stepsister offre non seulement une perspective inédite sur le conte, mais l’enrobe d’une horreur crapoteuse, sans gants ni pincettes.
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11. Tardes de soledad d’Albert Serra (en salles depuis le 26 mars)
Ce film n’est pas à la gloire du matador qu’il filme. Celui-ci s’est d’ailleurs déclaré « trahi » parce que le film, qui montre plusieurs mises à mort, n’en montre pas assez de « glorieuses ». Le dernier mot revient au cinéaste, à qui il appartient, au montage, d’exposer la vérité. Celle du réel.
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12. Black Dog de Guan Hu (en salles depuis le 5 mars)
Même si le film est difficile à cerner, il immerge immédiatement le spectateur par son traitement très sensoriel qui donne à sentir la poussière, le métal, le béton et les espaces vides. Les premières images sont extrêmement puissantes : en plan-séquence, un minibus traverse le champ lorsqu’une horde de chiens déboule dans un fracas infernal avant de provoquer une embardée du bus qui se couche sur la route. Le format scope et le décor désertique évoquent le western, mais Black Dog construit sa propre identité, composite et parfois surprenante.
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13. Bugonia de Yorgos Lanthimos (en salles depuis le 26 novembre)
Bugonia ressemble au fond à la combustion très littérale de tout ce qui a constitué jusqu’ici la filmographie de Lanthimos ; or, une combustion, en physique, mène bien à l’épuisement d’un combustible. La révélation finale, attendue, donne lieu à un nouveau sommet dans le pessimisme du cinéaste, comme le point final d’un cycle qui, à trop détester ses congénères, ne pouvait que se finir ainsi. Il y a quelque chose d’assez touchant à voir un cinéaste brûler ainsi son propre édifice et mettre en scène la décrépitude même de ce qui a fait jusqu’alors son cinéma.
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14. Les échos du passé de Mascha Schilinski (vu et subjugué à Cannes, en salles le 7 janvier 2026)
Le puzzle formel, autant au niveau des images que pour la voix off, partagée entre plusieurs personnages, est vertigineux.
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15. Evanouis de Zach Cregger (en salles depuis le 6 août)
Après Sinners (voir la cinquième place), la confirmation de l’appétence du public pour de vrais films originaux, plus que des resucées ou de compils de quadra fatigués. On a vu naître aussi toutes les spéculations délirantes sur les nombreuses lectures du film : spectre des tueries de masse, symbolisme vidéo-ludique, métaphore des traumas intergénérationnels, peinture de l’Amérique parano d’aujourd’hui… En réalité, Cregger est moins fouillis qu’il n’y paraît, évoque des maux bien plus personnels (le quotidien devenant cauchemar comme dans Parents de Bob Balaban où les monstres dans l’ombre sont en réalité papa et maman), partant d’un trip à la Stephen King avec sa petite ville qui se disloque soudainement, pour aller se cacher sous un drap, comme dans un bon vieux conte de Grimm.On a à nouveau peur du noir et les sorcières sont sorties de leur placard. Son lâcher-prise final, récompense cathartique, sauvage et hilarante, fait partie incontestablement des meilleurs moments de l’année.
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16. Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson (en salles depuis le 24 septembre)
Paul Thomas Anderson n’a pas fini de surprendre. Chacun de ses films diffère du précédent, le cinéaste ayant tiré les leçons du passé pour améliorer, innover, se dépasser. Avec Une bataille après l’autre, il pousse le bouchon très loin en réalisant un thriller satirique digne de tous les superlatifs. Un des premiers à venir à l’esprit a trait au budget : c’est son film le plus cher (130 millions de dollars), ce qui en fait un pari risqué, sachant qu’il dénonce les dérives autoritaires de son pays avec une causticité qui ne va pas plaire du tout à l’actuelle administration américaine.
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17. Together de Michael Shanks (en salles depuis le 13 août)
Une vraie révélation, du body horror tordu et romantisme fou où l’on s’aime à s’en briser les os.
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18. Babygirl de Halina Reijn (en salles depuis le 15 janvier, depuis en VOD)
Là où ce « thriller érotique » opère un tour de force, puisqu’il déborde davantage de sensualité lorsque ses acteurs sont encore habillés, vulnérabilité et imagination détrônant nudité et pénétration. Les scènes de sexe, terriblement moins sexy que tout le reste, se font finalement rares, car le désir est ailleurs: dans la confiance partagée, les regards amusés, les jeux de rôle grinçants, le lâcher-prise, l’intimité.
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19. Stopmotion de Robert Morgan (disponible en VOD depuis le 1er octobre)
Stopmotion n’est pas un film : c’est un accouchement. Et les monstres qui en sortent ne retourneront jamais dans le ventre.
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20. Kontinental ’25 de Radu Jude (en salles depuis le 24 septembre)
Un film qui gratte là où ça suppure, qui met en pièces le vernis de notre vertu et nous renvoie en pleine face le cadavre que nous cachons tous, en silence, dans nos caves bien chauffées.
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