Un Sam chasse l’autre. L’année dernière, on consacrait parmi les personnalités chaos de l’année Sam Barlow, game designer de génie derrière le chef-d’œuvre Immortality, jeu d’enquête en FMV (Full Motion Video) qui plaçait le joueur dans la peau d’un monteur de film à la recherche de Marissa Marcel actrice au destin brisée, dans les rushs de trois films qui n’ont jamais vu le jour. Immortality repoussait plus loin les limites entre jeu vidéo et cinéma, à un point où il en devenait difficile d’en fixer la frontière. Un an plus tard, voici donc Alan Wake 2, un jeu au budget nettement plus élevé qu’Immortality (Epic Games est à la production), mais nourrit d’obsessions similaires. L’homme derrière Alan Wake 2 est un autre Sam, Sam Lake, déjà à l’œuvre sur la plupart des productions du studio finlandais, de visage de Max Payne, à scénariste d’Alan Wake, jusqu’au rôle de réalisateur de Control en 2019.
Alan Wake 2 est le pinacle de la démarche cinématographique de Remedy, qui a toujours montré son amour pour le 7ᵉ art avec des hommages aux films noirs et aux polars honkongais (la trilogie Max Payne), à la Quatrième dimension (Quantum Break, Alan Wake), et au cinéma de David Lynch (Alan Wake, Control). C’est justement ce dernier qui plane sur tout Alan Wake 2, qui pourrait très bien être l’adaptation non officielle de Twin Peaks The Return. Visuellement époustouflant (surimpressions, jeu de miroirs et d’écrans, incrustation de scènes en prise de vues réelles dans les images de jeu), le nouveau jeu orchestré de main de maître par Sam Lake, qui donne aussi du sien dans le rôle de l’agent du FBI Alex Casey, est une petite révolution dans le monde du jeu vidéo. On lui excuse facilement son gameplay un brin classique, et son level design parfois moins inspiré. Une consécration pour le game designer qui pourrait voir son jeu repartir avec une flopée de prix aux Game Awards, sorte de cérémonie des Oscars pour le jeu vidéo qui se tiendra le 7 décembre prochain. M.B.
